Guide fiscal 2026 de l’Espagne : tout ce que les investisseurs doivent savoir

L’Espagne possède l’un des systèmes fiscaux les plus complexes d’Europe. Si les revenus d’investissement sont généralement imposés selon un barème de 19 % à 30 %, les contribuables aux revenus les plus élevés peuvent être soumis à des taux marginaux dépassant 50 % dans certaines communautés autonomes. Par ailleurs, l’Espagne demeure l’un des rares pays de l’Union européenne à maintenir un impôt annuel sur la fortune (AEAT, 2026 ; BOE, 2026).

Pour les investisseurs, les expatriés, les nomades numériques, les salariés et les retraités envisageant de s’installer en Espagne, il est essentiel de distinguer le régime applicable aux revenus ordinaires de celui applicable aux revenus de l’épargne. L’Espagne offre des opportunités attractives grâce à la loi Beckham et à un vaste réseau de conventions fiscales, mais elle impose également d’importantes obligations déclaratives aux résidents détenant des actifs à l’étranger (AEAT, 2026).

Aperçu de la fiscalité — Les principaux chiffres

Type d’impôtTauxRemarques
Impôt sur le revenuEnviron 19 % à 54 %Barème progressif variant selon la communauté autonome (AEAT, 2026)
Impôt sur les plus-values19 % à 30 %Barème applicable aux revenus de l’épargne (AEAT, 2026)
Impôt sur les dividendes19 % à 30 %Barème applicable aux revenus de l’épargne (AEAT, 2026)
Fiscalité des intérêts19 % à 30 %Barème applicable aux revenus de l’épargne (AEAT, 2026)
TVA (IVA)21 %Taux normal (AEAT, 2026)
Taux réduits de TVA10 %, 4 %Taux réduit et super-réduit (AEAT, 2026)
Impôt sur les sociétés25 %Taux normal (AEAT, 2026)
Impôt sur la fortune0,2 % à 3,5 %Variable selon la région (BOE, 2026)
Impôt de solidarité sur les grandes fortunes1,7 % à 3,5 %Patrimoine supérieur à 3 millions d’euros (BOE, 2026)
Année fiscaleAnnée civileDu 1er janvier au 31 décembre
Date limite de déclarationGénéralement le 30 juinDéclaration annuelle d’IRPF
Administration fiscaleAgencia Tributaria (AEAT)Administration fiscale nationale

Résidence fiscale en Espagne

L’Espagne impose les résidents fiscaux sur leurs revenus mondiaux, tandis que les non-résidents ne sont imposés que sur leurs revenus de source espagnole (AEAT, 2026).

Vous devenez généralement résident fiscal espagnol si l’une des conditions suivantes est remplie :

Contrairement à certains pays, l’Espagne n’applique généralement pas de régime de résidence fractionnée, ou « split-year ». En pratique, un contribuable est considéré comme résident ou non-résident pour l’ensemble de l’année fiscale (AEAT, 2026).

Règle applicable aux juridictions à fiscalité privilégiée

L’Espagne applique une importante règle anti-abus.

Les personnes qui s’installent dans une juridiction considérée par l’Espagne comme un paradis fiscal peuvent continuer à être traitées comme résidentes fiscales espagnoles pendant l’année du départ et les quatre années suivantes, conformément à l’article 8.2 de la loi relative à l’impôt sur le revenu des personnes physiques (BOE, 2026).

Cette disposition est particulièrement importante pour les personnes envisageant de s’installer dans des territoires tels que Dubaï ou Monaco.

Conventions fiscales

L’Espagne dispose d’un vaste réseau de conventions fiscales couvrant plus de 90 juridictions. Le nombre exact peut varier selon que les conventions récemment signées, modifiées ou partiellement entrées en vigueur sont prises en compte. Il est donc recommandé de consulter la base de données du ministère espagnol des Finances pour obtenir la liste la plus récente (ministère espagnol des Finances, 2026).

Lorsque deux États revendiquent simultanément la résidence fiscale d’un contribuable, les critères conventionnels sont généralement appliqués dans l’ordre suivant :

  1. le foyer permanent d’habitation ;
  2. le centre des intérêts vitaux ;
  3. le lieu de séjour habituel ;
  4. la nationalité ;
  5. la procédure amiable.

Impôt sur le revenu en Espagne

L’impôt espagnol sur le revenu des personnes physiques, ou IRPF, distingue deux bases d’imposition :

  • la base générale ;
  • la base de l’épargne.

Cette distinction est essentielle pour les investisseurs, car les revenus d’activité et les revenus du capital sont soumis à des règles différentes (AEAT, 2026).

Base générale

La base générale comprend notamment :

  • les salaires ;
  • les revenus d’une activité indépendante ;
  • les revenus locatifs ;
  • les bénéfices professionnels ;
  • certaines pensions.

Les taux combinés de l’État et des communautés autonomes varient généralement entre 19 % et plus de 50 %, selon le niveau de revenu et la région (AEAT, 2026).

Barème indicatif

Revenu imposableTaux combiné approximatif
Jusqu’à 12 450 €19 %
12 450 € à 20 200 €24 %
20 200 € à 35 200 €30 %
35 200 € à 60 000 €37 %
60 000 € à 300 000 €45 % à 47 %
Plus de 300 000 €Jusqu’à environ 54 %

Les communautés autonomes peuvent fixer leurs propres barèmes. La Communauté de Madrid applique généralement les taux marginaux les plus faibles, tandis que la Catalogne et la Communauté valencienne figurent parmi les régions les plus fortement imposées (législation fiscale régionale, 2026).

Abattement personnel

L’Espagne prévoit un abattement personnel de 5 550 € par an (AEAT, 2026).

Des abattements supplémentaires peuvent être accordés notamment :

  • aux personnes âgées de plus de 65 ans ;
  • aux personnes âgées de plus de 75 ans ;
  • aux contribuables ayant des personnes à charge ;
  • aux personnes en situation de handicap.

Certaines déductions régionales peuvent également s’appliquer selon le lieu de résidence du contribuable (AEAT, 2026).

Cotisations à un plan de retraite

Les versements effectués sur certains plans de retraite privés peuvent, dans les limites prévues par la loi, réduire le revenu imposable (AEAT, 2026).

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Impôt sur les plus-values : comment l’Espagne taxe les investissements

Pour la majorité des investisseurs, la base de l’épargne est plus importante que la base générale.

Elle comprend notamment :

  • les plus-values ;
  • les dividendes ;
  • les intérêts ;
  • la plupart des revenus provenant d’investissements financiers.

Contrairement à plusieurs autres pays, l’Espagne ne distingue généralement pas les plus-values à court terme et à long terme sur les actions, les ETF et la plupart des actifs financiers (AEAT, 2026).

Fiscalité des actions et des ETF

Les plus-values sont imposées selon le barème applicable aux revenus de l’épargne :

Revenus de l’épargneTaux
Jusqu’à 6 000 €19 %
6 001 € à 50 000 €21 %
50 001 € à 200 000 €23 %
200 001 € à 300 000 €27 %
Plus de 300 000 €30 %

(AEAT, 2026)

La durée de détention n’a généralement aucune incidence sur le taux applicable aux titres cotés. Ainsi, un ETF détenu pendant trois mois est imposé selon le même barème qu’un ETF conservé pendant dix ans (AEAT, 2026).

L’Espagne ne prévoit actuellement aucun abattement général sur les plus-values mobilières (AEAT, 2026).

Report des moins-values

Les moins-values peuvent généralement être imputées sur les plus-values réalisées au cours de la même année (AEAT, 2026).

Lorsqu’elles ne peuvent pas être intégralement utilisées, elles peuvent, en règle générale, être reportées pendant quatre ans afin d’être imputées sur des gains futurs éligibles (AEAT, 2026).

ETF de capitalisation et ETF distributifs

L’Espagne n’applique pas de régime comparable au système allemand de distribution réputée (AEAT, 2026).

ETF de capitalisation

Les ETF de capitalisation sont généralement imposés lors de la vente des parts. Aucun revenu fictif annuel n’est normalement constaté (AEAT, 2026).

ETF distributifs

Les distributions versées par les ETF distributifs sont généralement imposées comme des dividendes au cours de l’année de leur perception (AEAT, 2026).

Lors de la vente ultérieure des parts, la plus-value éventuelle est imposée séparément selon les règles applicables aux plus-values.

Fiscalité des dividendes et retenue à la source

Les dividendes perçus par les résidents fiscaux espagnols sont imposés selon le barème des revenus de l’épargne, soit 19 % à 30 % (AEAT, 2026).

Les dividendes étrangers sont généralement imposables en Espagne même lorsqu’une retenue à la source a déjà été prélevée dans le pays d’origine. Les conventions fiscales peuvent toutefois permettre d’obtenir un crédit d’impôt afin d’éviter une double imposition (AEAT, 2026).

Les dividendes de source espagnole sont généralement soumis à une retenue à la source de 19 %. Cette retenue est imputée sur l’impôt définitif calculé lors de la déclaration annuelle et peut conduire à un complément d’impôt ou à un remboursement selon la situation du contribuable (AEAT, 2026).

Les intérêts provenant de comptes d’épargne, d’obligations et de dépôts sont soumis au même barème de 19 % à 30 % (AEAT, 2026).

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Comment déclarer ses revenus d’investissement en Espagne

Les résidents fiscaux espagnols déclarent généralement leurs revenus d’investissement dans leur déclaration annuelle d’impôt sur le revenu, le Modelo 100 ou Declaración de la Renta (AEAT, 2026).

Pour les revenus perçus en 2025, la campagne déclarative se déroule généralement d’avril à juin 2026, la date limite étant normalement fixée au 30 juin 2026 (AEAT, 2026).

Pour la plupart des investisseurs, la procédure se déroule en cinq étapes.

Étape 1 : Rassembler les relevés de vos courtiers

Réunissez les relevés annuels de tous vos courtiers, banques et plateformes d’investissement.

Cela comprend notamment :

  • Interactive Brokers ;
  • DEGIRO ;
  • Trading 212 ;
  • Revolut ;
  • Wise ;
  • les banques espagnoles et étrangères.

(AEAT, 2026)

Étape 2 : Calculer les plus-values, moins-values, dividendes et intérêts

Calculez séparément :

  • les plus-values réalisées ;
  • les moins-values ;
  • les dividendes perçus ;
  • les intérêts ;
  • les revenus provenant d’investissements étrangers.

Lorsque les opérations sont effectuées dans une devise étrangère, les montants doivent généralement être convertis en euros selon les taux de change applicables (AEAT, 2026).

Étape 3 : Compléter les formulaires requis

Selon votre situation, vous pouvez être amené à déposer :

  • Modelo 100 : déclaration annuelle de l’impôt sur le revenu ;
  • Modelo 720 : déclaration des actifs détenus à l’étranger ;
  • Modelo 721 : déclaration des crypto-actifs détenus à l’étranger ;
  • Modelo 714 : déclaration d’impôt sur la fortune.

(AEAT, 2026)

Étape 4 : Déposer la déclaration

La majorité des contribuables transmettent leur déclaration en ligne via la plateforme de l’Agencia Tributaria.

Une assistance téléphonique ainsi qu’un accompagnement en présentiel sont également proposés pendant la campagne déclarative (AEAT, 2026).

Étape 5 : Régler l’impôt dû

L’impôt restant à payer doit généralement être acquitté au plus tard à la date limite de dépôt de la déclaration, sauf si un paiement échelonné autorisé a été choisi (AEAT, 2026).

Fiscalité des investissements étrangers

Les résidents fiscaux espagnols sont imposés sur leurs revenus mondiaux.

Par conséquent, les revenus d’investissement demeurent imposables en Espagne même lorsque les actifs sont détenus auprès de courtiers étrangers (AEAT, 2026).

Cela concerne notamment les investisseurs utilisant :

  • Interactive Brokers ;
  • DEGIRO ;
  • Trading 212 ;
  • Saxo Bank ;
  • Revolut ;
  • Wise ;
  • des banques étrangères.

Ce n’est pas le pays d’établissement du courtier qui détermine l’imposition, mais la résidence fiscale de l’investisseur (AEAT, 2026).

Les dividendes étrangers, les intérêts étrangers ainsi que les plus-values réalisées sur des actions ou des ETF étrangers sont généralement imposés selon les mêmes règles que les investissements espagnols (AEAT, 2026).

ETF étrangers

L’Espagne traite généralement les ETF UCITS de manière comparable aux actions et aux fonds d’investissement.

Les ETF de capitalisation sont normalement imposés lors de la vente des parts, tandis que les ETF distributifs génèrent un revenu imposable lors du versement des distributions (AEAT, 2026).

Contrairement à l’Allemagne, l’Espagne n’applique généralement pas d’imposition annuelle fictive sur les gains latents des ETF (AEAT, 2026).

Modelo 720 — Déclaration des actifs détenus à l’étranger

Le Modelo 720 demeure l’une des principales obligations déclaratives pour les expatriés et les investisseurs disposant d’un patrimoine international (AEAT, 2026).

Qu’est-ce que le Modelo 720 ?

Le Modelo 720 est une déclaration d’information permettant de déclarer certains actifs détenus hors d’Espagne auprès de l’Agencia Tributaria (AEAT, 2026).

Il est important de souligner que cette déclaration ne crée pas en elle-même d’impôt supplémentaire. Il s’agit d’une obligation déclarative et non d’un impôt autonome (AEAT, 2026).

Qui doit déposer cette déclaration ?

Les résidents fiscaux espagnols doivent généralement déposer un Modelo 720 lorsque la valeur des actifs étrangers dépasse 50 000 € dans l’une des catégories suivantes (AEAT, 2026).

Catégorie 1 : Comptes bancaires et dépôts

Cette catégorie comprend les comptes bancaires et les dépôts détenus à l’étranger.

Catégorie 2 : Valeurs mobilières et produits financiers étrangers

Cette catégorie comprend notamment :

  • les actions ;
  • les obligations ;
  • les ETF ;
  • les fonds d’investissement ;
  • certains contrats d’assurance.

Catégorie 3 : Biens immobiliers

Cette catégorie comprend les biens immobiliers situés à l’étranger.

Le seuil de 50 000 € s’apprécie par catégorie, et non par établissement financier (AEAT, 2026).

Par exemple, un contribuable détenant 30 000 € chez Interactive Brokers et 25 000 € chez DEGIRO dépasse le seuil de la catégorie 2 puisque la valeur totale des titres atteint 55 000 € (AEAT, 2026).

Date limite de dépôt

Le Modelo 720 est généralement déposé entre le 1er janvier et le 31 mars suivant l’année concernée (AEAT, 2026).

Quand faut-il déposer une nouvelle déclaration ?

Après une première déclaration, une nouvelle déclaration est généralement requise lorsque :

(AEAT, 2026)

L’arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne de 2022

Le Modelo 720 était autrefois connu pour les sanctions particulièrement sévères appliquées en cas de non-respect.

En janvier 2022, la Cour de justice de l’Union européenne a jugé qu’une partie de ce régime de sanctions était contraire au droit de l’Union en raison de son caractère disproportionné (CJUE, affaire C-788/19, 2022).

L’Espagne a ensuite modifié sa législation par la Ley 5/2022 (BOE, 2022).

Pour les investisseurs, il convient de retenir que :

  • le Modelo 720 reste obligatoire ;
  • seule la sévérité des sanctions a été profondément réduite.

Dans le régime actuel, les pénalités sont généralement de 20 € par donnée non déclarée, avec une amende minimale de 300 € et maximale de 20 000 €. Des sanctions plus élevées peuvent toutefois s’appliquer dans certaines situations impliquant des actifs situés hors de l’Union européenne ou de l’Espace économique européen (Ley 5/2022 ; AEAT, 2026).

Modelo 721 — Déclaration des crypto-actifs détenus à l’étranger

L’Espagne a introduit le Modelo 721 afin de déclarer certains crypto-actifs détenus auprès de plateformes étrangères (AEAT, 2026).

Cette obligation concerne généralement les cryptomonnaies conservées sur des plateformes d’échange ou auprès de dépositaires étrangers lorsqu’elles répondent aux critères prévus par la réglementation (AEAT, 2026).

La période de dépôt s’étend en principe du 1er janvier au 31 mars suivant l’année concernée (AEAT, 2026).

La réglementation applicable aux crypto-actifs ayant fortement évolué ces dernières années, il est recommandé de vérifier les seuils et obligations en vigueur directement auprès de l’AEAT avant toute déclaration (AEAT, 2026).

La loi Beckham — Le régime fiscal spécial des expatriés

Pour de nombreux professionnels internationaux, la loi Beckham constitue l’un des principaux attraits du système fiscal espagnol (AEAT, 2026).

Officiellement appelé régime spécial applicable aux travailleurs impatriés, ce dispositif permet, sous certaines conditions, d’être imposé selon les règles applicables aux non-résidents tout en vivant en Espagne (AEAT, 2026).

Les bénéficiaires de ce régime ne sont généralement pas soumis au Modelo 720 pendant toute la durée d’application du dispositif. Les obligations ordinaires de déclaration des actifs étrangers apparaissent généralement à l’expiration du régime spécial, lorsque le contribuable devient pleinement résident fiscal au sens du régime ordinaire (AEAT, 2026 ; article 93 LIRPF).

Principal avantage

Au lieu d’être soumis au barème progressif de l’IRPF pouvant dépasser 50 % dans certaines régions, les bénéficiaires sont généralement imposés :

  • à 24 % sur les revenus d’activité jusqu’à 600 000 € ;
  • à 47 % sur la fraction excédant 600 000 €.

(AEAT, 2026)

Conditions d’éligibilité

Pour bénéficier du régime, il faut généralement :

  • ne pas avoir été résident fiscal espagnol au cours des cinq années fiscales précédentes ;
  • s’installer en Espagne pour exercer une activité salariée ou dans un autre cas ouvrant droit au régime ;
  • satisfaire aux conditions prévues par l’article 93 de la loi relative à l’IRPF.

(AEAT, 2026)

Certains titulaires d’un visa pour nomades numériques peuvent également y prétendre depuis les réformes récentes (AEAT, 2026).

Traitement des revenus étrangers

L’un des principaux avantages de ce régime réside dans le fait que les revenus de source étrangère sont généralement exclus de l’imposition ordinaire des résidents pendant sa durée d’application (AEAT, 2026).

Cela peut notamment concerner :

  • les dividendes étrangers ;
  • les plus-values étrangères ;
  • les revenus locatifs étrangers.

Le traitement exact dépend des circonstances et des règles applicables.

Durée du régime

Le dispositif s’applique généralement :

  • l’année d’arrivée en Espagne ;
  • ainsi que pendant les cinq années fiscales suivantes.

La durée totale peut donc atteindre six ans (AEAT, 2026).

Délai de six mois

La demande doit généralement être déposée dans les six mois suivant l’affiliation à la sécurité sociale espagnole (AEAT, 2026).

Le non-respect de ce délai constitue l’une des erreurs les plus fréquentes et les plus coûteuses pour les nouveaux arrivants.

Autres impôts importants en Espagne

TVA (IVA)

L’Espagne applique un taux normal de TVA de 21 % (AEAT, 2026).

Les taux réduits sont les suivants :

Taux de TVAApplication
21 %Taux normal
10 %Taux réduit
4 %Taux super-réduit

(AEAT, 2026)

Certaines opérations, notamment les exportations, peuvent bénéficier d’un taux de 0 %, tandis que certains services dans les domaines de la santé, de l’enseignement et des services financiers sont exonérés dans les conditions prévues par la législation.

Fiscalité immobilière

Les propriétaires de biens immobiliers en Espagne peuvent être soumis à plusieurs impôts.

IBI — Impôt sur les biens immobiliers

L’IBI, ou Impuesto sobre Bienes Inmuebles, est une taxe municipale annuelle.

Le montant dépend notamment :

  • de la commune ;
  • de la valeur cadastrale du bien ;
  • du taux fixé par la municipalité.

Plus-values immobilières

La vente d’un bien immobilier est généralement imposable.

Pour les résidents fiscaux, les plus-values immobilières sont soumises au même barème que les autres revenus de l’épargne, soit de 19 % à 30 %.

Certaines exonérations peuvent toutefois être accordées, notamment en cas de réinvestissement du produit de la vente de la résidence principale dans une nouvelle résidence principale.

Droits de mutation

L’achat d’un logement ancien est généralement soumis à l’impôt sur les transmissions patrimoniales.

Les taux sont fixés par les communautés autonomes et se situent souvent entre 6 % et 13 %.

L’achat d’un logement neuf est généralement soumis à la TVA.

Plusvalía Municipal

Lors d’une vente immobilière, une taxe municipale supplémentaire appelée Impuesto sobre el Incremento de Valor de los Terrenos de Naturaleza Urbana, plus communément désignée sous le nom de Plusvalía Municipal, peut également être due.

Cette taxe est liée à l’augmentation de la valeur du terrain et est distincte de l’impôt sur la plus-value immobilière.

Droits de succession et de donation

Contrairement à plusieurs pays européens, l’Espagne maintient des droits de succession et de donation.

Leur montant dépend notamment :

  • de la communauté autonome concernée ;
  • du lien de parenté entre le donateur ou le défunt et le bénéficiaire ;
  • de la valeur des biens transmis ;
  • des abattements régionaux applicables.

Certaines communautés autonomes, comme Madrid ou l’Andalousie, accordent d’importantes réductions en faveur des transmissions familiales. À l’inverse, d’autres régions appliquent une fiscalité sensiblement plus élevée.

Impôt sur la fortune

L’Espagne demeure l’un des rares pays de l’Union européenne à appliquer un impôt annuel sur la fortune (BOE, 2026).

Les résidents fiscaux sont généralement imposés sur leur patrimoine mondial net, tandis que les non-résidents sont normalement imposés uniquement sur leurs actifs situés en Espagne (BOE, 2026).

Les exonérations nationales comprennent généralement :

(BOE, 2026)

Les communautés autonomes peuvent toutefois appliquer leurs propres règles.

Barème indicatif

Patrimoine net imposableTaux
Jusqu’à 167 129 €0,2 %
Jusqu’à 334 253 €0,3 %
Jusqu’à 668 500 €0,5 %
Jusqu’à 1 336 999 €0,9 %
Jusqu’à 2 673 999 €1,3 %
Jusqu’à 5 347 998 €1,7 %
Jusqu’à 10 695 996 €2,1 %
Plus de 10 695 996 €3,5 %

La Communauté de Madrid accorde notamment une réduction de 100 % de l’impôt sur la fortune, bien que les très hauts patrimoines puissent rester concernés par l’impôt de solidarité sur les grandes fortunes (législation régionale, 2026 ; BOE, 2026).

Impôt de solidarité sur les grandes fortunes

L’Espagne applique également un impôt de solidarité sur les grandes fortunes, ou Impuesto Temporal de Solidaridad de las Grandes Fortunas (BOE, 2026).

Cet impôt concerne généralement les patrimoines supérieurs à 3 millions d’euros.

Patrimoine netTaux
De 3 à 5 millions d’euros1,7 %
De 5 à 10 millions d’euros2,1 %
Plus de 10 millions d’euros3,5 %

(BOE, 2026)

L’impôt sur la fortune déjà acquitté est généralement imputable sur cet impôt. Une réduction régionale de l’impôt sur la fortune ne supprime donc pas nécessairement l’exposition à l’impôt de solidarité (BOE, 2026).

Avantages fiscaux et dispositifs d’investissement

L’Espagne ne dispose pas d’un compte d’investissement bénéficiant d’une exonération générale comparable à l’ISA britannique.

Plusieurs dispositifs permettent toutefois de réduire ou de différer la charge fiscale.

Plans de retraite

Les versements effectués sur certains plans de retraite individuels peuvent ouvrir droit à une déduction du revenu imposable, dans les limites prévues par la loi (AEAT, 2026).

Les plafonds sont régulièrement modifiés par les lois de finances.

Fonds d’investissement

Certains fonds d’investissement autorisés en Espagne permettent de transférer des capitaux d’un fonds à un autre sans imposition immédiate, sous réserve du respect des conditions légales.

L’imposition est alors différée jusqu’au rachat définitif ou à la cession.

Cet avantage ne s’applique généralement pas automatiquement aux ETF.

Régime Beckham

Le régime spécial applicable aux travailleurs impatriés constitue l’un des principaux avantages fiscaux offerts aux expatriés.

Pendant sa durée d’application, les bénéficiaires :

  • ne sont généralement pas soumis au Modelo 720 ;
  • peuvent être imposés selon les règles applicables aux non-résidents ;
  • peuvent bénéficier d’un traitement favorable pour certains revenus de source étrangère.

(AEAT, 2026)

SICAV

Les SICAV, ou sociétés d’investissement à capital variable, continuent d’exister, mais leur intérêt fiscal a été considérablement réduit par les réformes récentes.

Elles ne constituent plus, pour la majorité des investisseurs particuliers, un outil de planification patrimoniale aussi attractif qu’auparavant.

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Dates clés à retenir

  • Année fiscale : du 1er janvier au 31 décembre.
  • Campagne de déclaration de l’IRPF : généralement d’avril à juin.
  • Date limite de dépôt du Modelo 100 : généralement le 30 juin.
  • Période de dépôt du Modelo 720 : du 1er janvier au 31 mars.
  • Période de dépôt du Modelo 721 : du 1er janvier au 31 mars.
  • Date limite du Modelo 714 : généralement alignée sur celle de la déclaration annuelle d’impôt sur le revenu.
  • Date limite de paiement : généralement le 30 juin, sauf en cas de paiement fractionné.
  • Relevés annuels des courtiers : généralement disponibles au cours du premier trimestre suivant la fin de l’année fiscale.

(AEAT, 2026)

Les erreurs fiscales les plus fréquentes des investisseurs

Les investisseurs commettent fréquemment les erreurs suivantes :

  • oublier de déposer le Modelo 720 lorsque le seuil de déclaration est dépassé ;
  • ne pas déclarer les crypto-actifs concernés par le Modelo 721 ;
  • supposer que les ETF étrangers sont exonérés d’impôt ;
  • oublier de demander le crédit d’impôt correspondant aux retenues à la source étrangères ;
  • mal calculer les plus-values en cas d’opérations réalisées dans plusieurs devises ;
  • penser que la durée de détention réduit automatiquement l’impôt sur les plus-values ;
  • déposer la déclaration après la date limite ;
  • oublier de déclarer l’impôt sur la fortune ou l’impôt de solidarité lorsque ces impôts sont applicables.

(AEAT, 2026 ; BOE, 2026)

L’Espagne est-elle fiscalement avantageuse pour les investisseurs ?

Avantages

  • Large réseau de conventions fiscales internationales (ministère espagnol des Finances, 2026).
  • Régime Beckham attractif pour de nombreux expatriés (AEAT, 2026).
  • Fiscalité relativement lisible des revenus de l’épargne.
  • Aucun régime d’imposition annuelle fictive applicable aux ETF (AEAT, 2026).
  • Possibilité de différer l’imposition lors de certains transferts entre fonds d’investissement.

Inconvénients

  • Impôt sur la fortune toujours en vigueur (BOE, 2026).
  • Impôt de solidarité sur les grandes fortunes (BOE, 2026).
  • Obligations déclaratives importantes concernant les actifs détenus à l’étranger (AEAT, 2026).
  • Taux marginaux élevés de l’IRPF dans certaines communautés autonomes (AEAT, 2026).
  • Complexité accrue en raison des différences régionales.

Profils d’investisseurs les mieux adaptés

L’Espagne peut convenir particulièrement :

  • aux expatriés bénéficiant du régime Beckham ;
  • aux investisseurs de long terme en ETF ;
  • aux retraités ;
  • aux personnes disposant d’un patrimoine international bien structuré.

Elle sera en revanche généralement moins adaptée :

  • aux personnes très fortunées exposées à l’impôt sur la fortune ;
  • aux investisseurs recherchant une fiscalité très faible sur le patrimoine ;
  • aux personnes souhaitant limiter leurs obligations déclaratives.

Dans l’ensemble, l’Espagne peut être considérée comme un pays appliquant une fiscalité modérée aux revenus d’investissement, mais une fiscalité relativement élevée aux revenus du travail, compensée en partie par l’un des régimes fiscaux les plus attractifs d’Europe pour certains expatriés.

Ressources associées

Outils fiscaux

  • Calculateur d’impôt sur les plus-values
  • Calculateur de fiscalité des ETF
  • Calculateur d’impôt sur les dividendes
  • Calculateur de salaire net

Guides d’investissement

  • Investir en Espagne
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Guides pays

  • Coût de la vie en Espagne
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Outils de comparaison

  • Carte comparative de la fiscalité dans l’Union européenne
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  • Calculateur de salaire net

Avertissement

Cet article est fourni uniquement à des fins générales d’information et de formation. Il ne constitue pas un conseil fiscal, juridique, comptable ou en investissement. Les règles fiscales peuvent évoluer et leur application dépend de la situation individuelle de chaque contribuable. Vérifiez toujours les exigences en vigueur auprès de l’administration fiscale compétente ou consultez un conseiller fiscal qualifié avant de prendre une décision financière ou d’investissement.

Guide fiscal Espagne

Iva Buće est titulaire d’un master en économie, spécialisée en marketing digital et en logistique. Elle allie rigueur analytique et sens de la communication pour rendre les sujets liés à l’investissement et à l’éducation financière plus accessibles. Chez Finorum, elle écrit sur la finance, les marchés et l’impact de la technologie sur les tendances d’investissement en Europe.

Sources & References

Additional educational resources

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