Dernière mise à jour : 4 septembre 2026
L’Autriche impose les personnes physiques résidentes sur leurs revenus mondiaux et, en règle générale, les non-résidents uniquement sur certaines catégories de revenus de source autrichienne. Les revenus d’activité salariée et les revenus professionnels sont normalement soumis au barème progressif de l’impôt sur le revenu, tandis que la plupart des revenus d’investissement privés relèvent d’un régime distinct, au taux spécial de 27,5 %. Les intérêts des comptes d’épargne et des comptes courants sont généralement taxés à 25 %, tandis que les plus-values immobilières privées le sont en principe à 30 %.
Ce guide s’adresse aux personnes physiques ayant leur résidence fiscale en Autriche en 2026, notamment aux salariés, investisseurs, propriétaires bailleurs, travailleurs indépendants et expatriés. Il présente également plusieurs règles importantes applicables aux non-résidents et aux situations transfrontalières. L’Autriche n’applique pas de surtaxe régionale ou municipale à l’impôt sur le revenu des personnes physiques. Des prélèvements sur les salaires, la taxe foncière municipale et les contributions directes aux Églises ou aux communautés religieuses reconnues peuvent toutefois s’y ajouter. Les conventions fiscales, les règles européennes de coordination de la sécurité sociale et la situation personnelle du contribuable peuvent sensiblement modifier le résultat.
Vue d’ensemble de la fiscalité — Les principaux chiffres
| Impôt ou prélèvement | Régime en 2026 | Précisions importantes |
|---|---|---|
| Impôt sur le revenu des personnes physiques | 0 %–55 % | Barème progressif appliqué au revenu imposable ; le taux de 55 % concerne la fraction supérieure à 1 million d’euros et est prévu par la loi jusqu’en 2029 |
| Principaux revenus privés du capital | 27,5 % | Concerne la plupart des dividendes, des plus-values mobilières, des revenus de fonds et des crypto-actifs acquis après février 2021 |
| Intérêts des comptes d’épargne et des comptes courants | 25 % | Régime distinct de celui applicable à la plupart des autres revenus du capital |
| Plus-values immobilières privées | 30 % | Des exonérations et des méthodes particulières pour les biens anciens peuvent s’appliquer |
| Cotisations et prélèvements salariaux à la charge du salarié | Généralement jusqu’à 18,07 % | Cas habituel d’un salarié du secteur privé ; la cotisation d’assurance chômage peut être réduite pour les bas salaires ; plafonds et exceptions applicables |
| Cotisations et prélèvements à la charge de l’employeur | Généralement au moins 20,98 % | Ce taux n’inclut pas certains prélèvements exclusivement patronaux et varie selon le lieu ou la catégorie |
| Impôt sur les sociétés | 23 % | Une imposition distincte de 27,5 % s’applique normalement lorsque les bénéfices sont distribués à une personne physique |
| TVA au taux normal | 20 % | Les taux réduits comprennent 10 %, 13 % et, pour certains produits alimentaires à compter du 1er juillet 2026, 4,9 % |
| Impôt général annuel sur la fortune nette | Aucun | Les taxes immobilières et les taxes sur les transactions restent applicables |
| Impôt sur les successions et les donations | Aucun | Certaines donations doivent néanmoins être déclarées et les transmissions immobilières peuvent être soumises à des droits de mutation |
Le Tax Book 2026 du ministère autrichien des Finances fournit une présentation officielle détaillée de la fiscalité des particuliers. Les taux qualifiés de « taux spéciaux » restent juridiquement des taux d’impôt sur le revenu ; la Kapitalertragsteuer (KESt) correspond au mécanisme de retenue à la source. Lorsque la KESt a été correctement prélevée, elle est généralement libératoire. En l’absence d’un payeur ou d’un établissement dépositaire autrichien ayant effectué la retenue, les mêmes taux de 25 % ou de 27,5 % peuvent cependant s’appliquer dans le cadre de l’imposition par voie de déclaration.
Résidence fiscale en Autriche
Une personne physique est généralement soumise à une obligation fiscale illimitée en Autriche dès lors qu’elle y dispose soit d’un Wohnsitz, c’est-à-dire d’un logement disponible dans des conditions laissant supposer qu’il sera conservé et utilisé, soit de son gewöhnlicher Aufenthalt, autrement dit de son lieu de séjour habituel. Un séjour continu de plus de six mois en Autriche entraîne une obligation fiscale illimitée rétroactivement à compter du début de ce séjour. La nationalité n’entre pas en ligne de compte dans l’appréciation de ces critères de droit interne. Le fondement juridique figure à l’article 1 de l’EStG et à l’article 26 de la BAO, consultables dans la base juridique autrichienne.
L’obligation fiscale illimitée entraîne normalement l’intégration des revenus mondiaux dans l’assiette imposable autrichienne. À l’inverse, une personne qui ne dispose ni d’un domicile ni d’un lieu de séjour habituel en Autriche n’est en principe soumise qu’à une obligation fiscale limitée sur les revenus considérés comme de source autrichienne au sens de l’article 98 de l’EStG. Une obligation fiscale limitée ne signifie toutefois pas que tout paiement provenant d’Autriche est imposable : les retenues prévues par le droit interne peuvent être réduites ou supprimées par une convention fiscale.
L’Autriche ne dispose pas d’un régime général de fractionnement de l’année fiscale (« split year ») comparable à celui du Royaume-Uni. La résidence et les droits d’imposition doivent donc être examinés pour les périodes et les catégories de revenus concernées. Une personne peut acquérir ou perdre son statut de contribuable soumis à l’obligation fiscale illimitée en cours d’année civile, tandis que l’imposition annuelle et les dispositions d’une convention fiscale peuvent modifier la répartition finale du droit d’imposer.
Lorsqu’une personne est considérée comme résidente par deux États, la convention de double imposition applicable prévoit généralement des critères à examiner successivement : foyer d’habitation permanent, centre des intérêts vitaux, séjour habituel et nationalité, puis, si nécessaire, accord entre les autorités compétentes. C’est la convention effectivement applicable qui prévaut, et non le seul modèle de convention de l’OCDE. Le ministère publie les informations et textes relatifs aux conventions fiscales autrichiennes.
Les ressortissants de l’UE ou de l’EEE, ainsi que certains ressortissants bénéficiant d’une protection conventionnelle, qui seraient normalement considérés comme non-résidents peuvent demander à être traités comme des contribuables soumis à l’obligation fiscale illimitée si au moins 90 % de leurs revenus sont imposables en Autriche ou si leurs revenus non imposables en Autriche ne dépassent pas 13 539 € en 2026. Une attestation délivrée par l’État de résidence, généralement au moyen du formulaire E9, est nécessaire. Cette option peut élargir l’accès à certaines déductions et réductions d’impôt, sans pour autant rendre automatiquement imposables en Autriche tous les revenus étrangers. Ceux-ci peuvent néanmoins être pris en compte pour déterminer le taux applicable.
Impôt sur le revenu des personnes physiques
En Autriche, le barème progressif s’applique au revenu annuel imposable, et non au salaire brut. Le revenu imposable correspond, de manière générale, à l’ensemble des revenus relevant des différentes catégories prévues par la loi, après déduction des charges admises, des dépenses spéciales, des charges extraordinaires et des abattements. L’impôt sur les salaires prélevé par l’employeur constitue un mode de perception de l’impôt et vient en déduction de l’impôt déterminé lors du calcul annuel.
Tranches de l’impôt sur le revenu en 2026
| Fraction du revenu imposable | Taux marginal |
|---|---|
| Jusqu’à 13 539 € | 0 % |
| De plus de 13 539 € à 21 992 € | 20 % |
| De plus de 21 992 € à 36 458 € | 30 % |
| De plus de 36 458 € à 70 365 € | 40 % |
| De plus de 70 365 € à 104 859 € | 48 % |
| De plus de 104 859 € à 1 000 000 € | 50 % |
| Au-delà de 1 000 000 € | 55 % |
Ces tranches sont confirmées par le barème officiel 2026 du ministère des Finances. Le taux de 55 % est prévu par la législation jusqu’en 2029 ; il ne s’agit donc pas d’un taux général permanent de 55 % appliqué à l’ensemble du revenu. L’Autriche ne prélève par ailleurs aucune surtaxe régionale ou municipale sur l’impôt sur le revenu des particuliers.
De nombreux salariés autrichiens perçoivent leur rémunération en 14 versements par an en vertu de conventions collectives ou de leur contrat de travail. Les 13e et 14e rémunérations répondant aux conditions légales bénéficient d’un régime fiscal préférentiel dans certaines limites, mais ne sont pas totalement exonérées d’impôt. En pratique, une simple projection du salaire sur douze mois donne donc souvent une estimation inexacte du salaire net d’un salarié autrichien.
Cotisations de sécurité sociale
Le tableau suivant présente les taux les plus couramment applicables en 2026 à un salarié du secteur privé. Pour les catégories particulières, il convient de se référer aux taux officiels de cotisations sociales 2026.
| Catégorie | Salarié | Employeur | Assiette, plafond ou précision pour 2026 |
|---|---|---|---|
| Assurance maladie | 3,87 % | 3,78 % | Plafond mensuel de 6 930 € |
| Assurance retraite | 10,25 % | 12,55 % | Plafond mensuel de 6 930 € |
| Assurance chômage | Jusqu’à 2,95 % | 2,95 % | Taux de cotisation salariale réduit pour les bas revenus ; plafond mensuel de 6 930 € |
| Assurance accidents | — | 1,10 % | Plafond mensuel de 6 930 € |
| Cotisation à la Chambre du travail | 0,50 % | — | Plafond mensuel de 6 930 € |
| Contribution à la promotion du logement | 0,50 % | 0,50 % | Plafond mensuel de 6 930 € ; des particularités régionales peuvent s’appliquer |
| Contribution au fonds d’indemnisation en cas d’insolvabilité | — | 0,10 % | Plafond mensuel de 6 930 € |
| Fonds professionnel d’indemnité de départ | — | 1,53 % | En principe sans plafond ordinaire de cotisation |
| Total habituel pour l’emploi salarié | 18,07 % | 20,98 % | Avant les autres taxes patronales sur les salaires et les prélèvements propres à certains secteurs |
Le seuil applicable aux emplois marginaux est fixé à 551,10 € par mois en 2026. Le plafond mensuel de 6 930 € s’applique généralement 14 fois par an ; les rémunérations spéciales sont donc soumises à un plafond distinct de celui des rémunérations mensuelles ordinaires. Les fonctionnaires, apprentis, travailleurs âgés, salariés du bâtiment et personnes faiblement rémunérées peuvent relever de taux différents. Les cotisations patronales constituent un coût pour l’employeur et ne doivent pas être ajoutées au taux de prélèvement supporté personnellement par le salarié.
Pour les indépendants affiliés au régime GSVG, les principaux taux applicables en 2026 sont de 18,5 % pour l’assurance retraite et de 6,8 % pour l’assurance maladie, auxquels s’ajoute une cotisation fixe de 12,95 € par mois pour l’assurance accidents. L’assiette mensuelle maximale est de 8 085 €. Les cotisations provisoires font ensuite l’objet d’une régularisation en fonction du revenu effectivement imposé.
Exemple d’imposition d’un salaire
Prenons le cas d’un salarié célibataire, résident autrichien, percevant un salaire brut annuel de 50 000 €, sans enfant, sans avantage lié aux déplacements domicile-travail, sans contribution religieuse et sans autre revenu. Si la rémunération est versée en 14 échéances, les versements ordinaires et les rémunérations spéciales remplissant les conditions requises sont imposés différemment. Les cotisations sociales sont d’abord déduites, puis le salaire ordinaire imposable est soumis au barème progressif. Les crédits d’impôt, notamment celui lié aux déplacements des salariés, sont ensuite appliqués, tandis que les rémunérations spéciales éligibles suivent leurs propres règles d’imposition.
Sur cette base, une estimation raisonnable pour 2026 situe le salaire net annuel à environ 35 000 à 36 000 €. Le montant exact dépend notamment de la répartition des versements, de la catégorie applicable en matière de paie, de la contribution régionale au logement, de l’éligibilité des rémunérations spéciales et des règles d’arrondi. Ainsi, le fait d’entrer dans la tranche à 40 % ne signifie nullement que 40 % des 50 000 € de salaire brut sont versés au fisc. Pour obtenir une estimation adaptée à une fiche de paie donnée, il est possible d’utiliser le calculateur brut-net officiel du BMF pour 2026 ainsi que le calculateur Finorum du salaire net en Autriche.
Abattements, crédits d’impôt et déductions
Une déduction réduit le revenu ou l’assiette imposable. Un crédit d’impôt (Absetzbetrag) vient directement diminuer l’impôt calculé. Un crédit d’impôt n’est pas nécessairement remboursable, même si l’Autriche prévoit par ailleurs certains mécanismes d’« impôt négatif » ou de remboursement de cotisations sociales pour les contribuables à faibles revenus qui remplissent les conditions.
| Principale mesure en 2026 | Montant ou traitement |
|---|---|
| Crédit d’impôt pour les déplacements des salariés (Verkehrsabsetzbetrag) | 496 € par an |
| Crédit d’impôt majoré pour les déplacements | Jusqu’à 853 €, sous conditions de revenu et d’éligibilité aux avantages liés aux trajets domicile-travail |
| Supplément au crédit d’impôt pour les déplacements | Jusqu’à 804 €, dégressif en fonction du revenu |
| Crédit d’impôt pour les retraités | Jusqu’à 1 020 € ; crédit majoré jusqu’à 1 502 € lorsque les conditions sont remplies |
| Crédit d’impôt pour contribuable seul à percevoir un revenu ou parent isolé | 612 € pour un enfant ; 828 € pour deux ; 1 101 € pour trois ; 273 € par enfant supplémentaire |
| Crédit d’impôt pour pension alimentaire | 38 € à 75 € par mois et par enfant éligible |
| Family Bonus Plus | Jusqu’à 166,68 € par mois pour un enfant de moins de 18 ans ; 58,34 € par mois après 18 ans lorsque les conditions continuent d’être remplies |
| Crédit d’impôt pour enfant | 70,90 € par mois, versé avec les prestations familiales |
Il s’agit bien de crédits d’impôt et non de déductions du revenu imposable. Les conditions d’éligibilité, les mécanismes de dégressivité en fonction du revenu et le partage éventuel entre les parents peuvent modifier les montants. Le détail figure dans le tableau officiel des crédits d’impôt pour 2026.
Les salariés peuvent déduire certaines dépenses professionnelles réelles lorsqu’elles dépassent le forfait annuel de 132 € appliqué automatiquement pour frais professionnels ou qu’elles ne relèvent pas de ce forfait. Il peut notamment s’agir de matériel professionnel éligible, de formations, de déplacements ou de certaines dépenses de télétravail. Les personnes effectuant des trajets domicile-travail peuvent également bénéficier de la déduction Pendlerpauschale et du crédit d’impôt distinct Pendlereuro. L’éligibilité dépend notamment de la distance et de la possibilité d’utiliser raisonnablement les transports publics.
Les cotisations obligatoires de sécurité sociale sont déductibles pour déterminer le revenu imposable provenant d’une activité salariée ou professionnelle. Certaines dépenses personnelles d’assurance ou de logement ne sont plus déductibles de manière générale au seul motif qu’elles constituent des dépenses privées. Les dons éligibles sont en principe déductibles dans la limite du pourcentage prévu par la loi, tandis que les contributions versées aux Églises reconnues sont déductibles jusqu’à 600 € par an. Les dépenses liées à un handicap et certaines autres charges extraordinaires peuvent également être déductibles, parfois sans application du seuil de dépenses normalement laissé à la charge du contribuable. Les intérêts d’emprunt relatifs à la résidence principale privée n’ouvrent actuellement aucun droit général à déduction ; les anciens régimes transitoires de dépenses spéciales ont pour l’essentiel pris fin. Le Tax Book 2026 détaille les conditions et les justificatifs nécessaires.
Fiscalité des revenus d’investissement
Plus-values
Les plus-values réalisées sur des actions, obligations, parts de fonds, produits dérivés et autres « nouveaux actifs » détenus à titre privé sont généralement taxées à 27,5 %. Il n’existe ni abattement annuel général sur les plus-values mobilières ni exonération générale liée à une détention de longue durée. Les règles historiques fondées sur la date d’acquisition peuvent néanmoins continuer de s’appliquer à certains actifs véritablement anciens.
Un établissement dépositaire autrichien prélève normalement la KESt, qui est souvent libératoire. Les revenus pour lesquels aucune entité autrichienne n’effectue la retenue — situation fréquente avec un courtier étranger — doivent généralement être déclarés, mais le taux spécial de 27,5 % reste applicable. Un contribuable peut opter pour l’imposition au barème ordinaire de l’ensemble de ses revenus du capital éligibles si cette solution lui est plus favorable ; la KESt déjà prélevée est alors imputée sur l’impôt dû.
Les pertes en capital subies à titre privé peuvent en principe être compensées avec les revenus privés du capital pour lesquels cette compensation est autorisée, notamment de nombreuses plus-values, des dividendes et des revenus d’opérations sur crypto-actifs. Elles ne peuvent en revanche généralement pas être imputées sur les intérêts des comptes d’épargne ou des comptes courants, sur les distributions de fondations ou sur les revenus salariaux. Les établissements dépositaires autrichiens effectuent la compensation des pertes prévue par la loi sur les comptes qu’ils gèrent. La compensation entre plusieurs banques ou avec des comptes étrangers nécessite généralement une déclaration fiscale. Les pertes en capital subies à titre privé qui n’ont pas été imputées ne peuvent, en principe, pas être reportées sur les années suivantes. Les actifs professionnels obéissent à des règles différentes. Voir les informations du ministère sur les revenus du capital.
L’Autriche applique également des règles d’imposition à la sortie (« exit tax »). La perte du droit de l’Autriche d’imposer une plus-value latente, notamment lors d’un départ à l’étranger, peut être assimilée à une cession réputée réalisée à la valeur de marché. Lorsqu’une personne physique déménage vers un État de l’UE ou de l’EEE, elle peut, sous réserve du respect des conditions légales, demander que l’imposition soit différée jusqu’à la cession effective. Ces règles sont détaillées dans les informations du BMF relatives aux plus-values réalisées et à l’imposition à la sortie.
Calculateur Finorum de l’impôt sur les plus-values en Autriche
Dividendes
Les dividendes distribués par des sociétés autrichiennes à des personnes physiques résidentes sont généralement soumis à une KESt de 27,5 %, normalement libératoire. Les dividendes étrangers sont eux aussi, en principe, imposés à 27,5 % par voie de déclaration lorsqu’aucun établissement dépositaire autrichien n’a effectué la retenue.
L’État de source peut d’abord opérer une retenue à la source. La convention fiscale applicable peut plafonner ce prélèvement et l’Autriche accorde normalement un crédit d’impôt uniquement dans les limites prévues par son droit interne et par la convention. Le remboursement de tout excédent de retenue étrangère peut devoir être demandé directement auprès de l’État de source. Le taux conventionnel n’est pas nécessairement appliqué automatiquement par le payeur étranger en l’absence des formulaires requis. Le portail autrichien consacré aux allègements conventionnels explique les procédures de réduction à la source et de remboursement.
Intérêts et obligations
Les intérêts des comptes d’épargne et des comptes courants, ou comptes giro, sont généralement taxés à 25 %. Les intérêts provenant d’obligations et de la plupart des autres titres de dette, ainsi que les plus-values réalisées lors de leur cession, sont en principe soumis au taux de 27,5 %. Les prêts privés et certains titres de dette qui ne font pas l’objet d’une offre publique peuvent relever du barème progressif plutôt que du taux spécial. Les intérêts perçus sur des comptes bancaires étrangers doivent normalement être déclarés lorsque la KESt autrichienne n’a pas été prélevée.
ETF et fonds d’investissement
L’imposition des fonds d’investissement en Autriche repose sur l’Investment Fund Act et ne se limite pas aux sommes effectivement versées à l’investisseur. Un fonds distributif peut ainsi générer des distributions imposables. Un fonds capitalisant peut, quant à lui, générer des ausschüttungsgleiche Erträge, c’est-à-dire des revenus réputés distribués, même si l’investisseur ne perçoit aucun versement. L’impôt acquitté sur ces revenus réputés distribués entraîne généralement un ajustement du prix de revient fiscal des parts afin d’éviter qu’un même montant ne soit intégralement imposé une seconde fois lors de la vente.
Pour un fonds déclarant en Autriche (Meldefonds), les données fiscales calculées par le représentant fiscal du fonds sont transmises par l’intermédiaire de l’OeKB. Les investisseurs et leurs conseillers doivent vérifier le statut du fonds ainsi que les données fiscales annuelles dans la base officielle de l’OeKB consacrée aux déclarations des fonds. Un fonds non déclarant fait l’objet d’un calcul forfaitaire légal pénalisant. Le simple respect de la réglementation UCITS ne garantit ni le statut de fonds déclarant en Autriche ni l’application d’un taux d’imposition particulier.
Les établissements dépositaires autrichiens utilisent normalement les données de l’OeKB pour calculer et prélever la KESt. Avec un courtier étranger, l’investisseur doit reconstituer le calcul de l’imposition du fonds selon les règles autrichiennes et déclarer correctement les revenus réputés distribués, les distributions effectivement reçues et la plus-value de cession. Les seuls montants de « revenus » fournis par le courtier peuvent donc être insuffisants. Les parts capitalisantes et distributives doivent être examinées séparément.
Placements et produits de retraite bénéficiant d’avantages fiscaux
L’Autriche ne dispose pas d’un compte de courtage défiscalisé général comparable à l’ISA britannique et n’accorde pas non plus d’abattement annuel général par personne sur les investissements. Ouvrir plusieurs comptes ne permet donc pas de multiplier les abattements.
Les avantages fiscaux concernent plutôt des produits plus ciblés. Les fonds de pension d’entreprise, certaines assurances collectives de prévoyance professionnelle ainsi que le système d’indemnité de départ Abfertigung neu sont soumis à des règles propres concernant les cotisations et les prestations. Les dispositifs de prévoyance retraite bénéficiant de primes de soutien ainsi que certaines prestations de fonds de pension peuvent ouvrir droit à des avantages fiscaux, mais l’éligibilité, les garanties, les périodes de blocage et la fiscalité des retraits dépendent du produit concerné. Ces dispositifs ne remplacent pas un compte-titres défiscalisé librement accessible. Les conditions contractuelles ainsi que le Tax Book 2026 officiel doivent être examinés avant tout investissement.
Fiscalité des cryptomonnaies
Pour les crypto-actifs acquis après le 28 février 2021, l’Autriche considère généralement aussi bien les revenus courants que les plus-values réalisées comme des revenus du capital taxés à 27,5 %. Les actifs plus anciens peuvent continuer à relever des anciennes règles applicables aux cessions privées, ce qui rend indispensable la conservation des dates et des valeurs d’acquisition.
Les opérations imposables comprennent généralement l’échange de crypto-actifs contre des euros ou une autre monnaie fiduciaire, l’achat de biens ou de services en crypto-actifs ainsi que l’échange contre un autre actif qui ne relève pas de la catégorie fiscale des cryptomonnaies. En revanche, l’échange d’une cryptomonnaie éligible contre une autre cryptomonnaie éligible n’entraîne pas d’imposition immédiate : le coût d’acquisition historique est alors reporté sur le nouvel actif.
Les revenus courants provenant du prêt ou de la mise à disposition de crypto-actifs contre rémunération sont généralement imposés au moment où ils sont perçus. Les récompenses issues du staking traditionnel servant à valider les transactions d’une blockchain, les airdrops, les bounties et les hard forks ne sont pas imposés au moment de leur réception en vertu de l’exception légale spécifique. Un coût d’acquisition nul leur est toutefois généralement attribué, de sorte qu’une cession ultérieure peut entraîner une plus-value imposable portant sur la totalité de la valeur. Les produits commercialisés sous l’appellation « staking », mais qui constituent économiquement un prêt, peuvent, au contraire, être imposés dès la perception du revenu. Le minage exercé à titre commercial ou la négociation de crypto-actifs à titre professionnel peuvent constituer une activité professionnelle soumise au barème progressif.
Les pertes sur crypto-actifs peuvent généralement être compensées avec les revenus privés du capital pour lesquels cette compensation est autorisée au cours de la même année, mais les pertes ordinaires subies à titre privé ne peuvent pas être reportées sur les années suivantes. Les prestataires autrichiens de services sur crypto-actifs doivent prélever la KESt sur les revenus concernés générés après le 31 décembre 2023. Lorsqu’aucune retenue n’est opérée, le contribuable doit effectuer la déclaration lui-même. Les instructions détaillées du BMF sur la fiscalité des crypto-actifs précisent également les obligations de conservation des données et les règles transitoires.
Revenus locatifs et fiscalité immobilière
Le revenu net provenant d’une location de longue durée est généralement imposé selon le barème progressif de l’impôt sur le revenu. Les dépenses déductibles peuvent notamment comprendre les intérêts de financement directement liés au bien loué, les frais d’exploitation et de gestion, les réparations ainsi que l’amortissement fiscal. Le terrain n’est pas amortissable. La déduction des pertes suppose l’existence d’une véritable activité visant à générer des revenus ; les règles autrichiennes relatives aux activités de loisir peuvent exclure la déduction des pertes lorsqu’aucun bénéfice global durable n’est attendu.
L’hébergement de courte durée peut générer soit un revenu locatif, soit un revenu professionnel lorsque des services de type hôtelier sont proposés ou qu’une organisation commerciale est mise en place. La TVA, les taxes touristiques, les obligations d’enregistrement au titre du droit commercial ainsi que les règles municipales peuvent alors s’appliquer. La location résidentielle relève généralement du régime de TVA à taux réduit lorsque le bailleur est assujetti à la TVA, tandis que le régime d’exonération des petites entreprises peut dispenser de collecter la TVA tout en excluant, en principe, le droit à déduction de la TVA sur les dépenses.
La Grundsteuer autrichienne est une taxe foncière municipale annuelle calculée à partir de valeurs fiscales et de coefficients municipaux, et non selon un pourcentage national de la valeur de marché du bien. Une acquisition immobilière donne généralement lieu à la Grunderwerbsteuer, au taux de 3,5 % de la contrepartie. Les transmissions à titre gratuit et certaines transmissions familiales relèvent toutefois d’assiettes particulières et d’un barème progressif. Les frais d’inscription au registre foncier et les autres coûts de transaction sont distincts.
Les plus-values immobilières privées sont normalement soumises à l’Immobilienertragsteuer (ImmoESt) au taux de 30 %, et non au taux de 27,5 % applicable aux titres financiers. Pour les acquisitions postérieures au 31 mars 2002, le calcul ordinaire repose sur la plus-value réelle, tandis que des méthodes spéciales peuvent s’appliquer à certains biens plus anciens. Parmi les exonérations importantes figure celle de la résidence principale : le contribuable doit notamment avoir occupé le logement de manière continue depuis son acquisition jusqu’à sa cession, pendant au moins deux ans, ou pendant au moins cinq années consécutives au cours des dix années précédentes. Une exonération peut également concerner certains immeubles construits par le contribuable lui-même, en principe à l’exclusion des parties mises en location. Le portail officiel détaille l’imposition des plus-values immobilières ainsi que les exonérations liées à la résidence principale.
Calculateur Finorum d’impôt sur les revenus locatifs en Europe
Impôt sur la fortune
L’Autriche n’applique aucun impôt général annuel sur la fortune nette des particuliers en 2026. Cela ne signifie pas pour autant que le patrimoine soit exempt de toute fiscalité : la Grundsteuer, l’imposition des revenus d’investissement, l’impôt sur les plus-values immobilières et diverses taxes sur les transactions restent applicables. L’Autriche n’impose pas non plus un rendement fictif annuel sur l’ensemble du portefeuille d’investissement d’une personne physique. L’imposition des revenus réputés distribués des fonds d’investissement relève de la fiscalité des revenus de fonds, et non d’un impôt classique sur la fortune.
Impôt sur les successions et les donations
L’Autriche n’applique pas d’impôt général sur les successions ou les donations en 2026. La transmission par succession ou donation d’un bien immobilier autrichien reste néanmoins soumise aux droits de mutation immobilière selon des règles spécifiques. Certaines donations doivent également être déclarées à l’administration fiscale lorsque les seuils et critères de rattachement à l’Autriche sont remplis. Cette obligation déclarative ne constitue pas, en elle-même, un impôt sur les donations.
Dans les situations transfrontalières, une succession peut néanmoins être soumise à des droits étrangers en fonction de la situation du défunt, de celle de l’héritier, de leur domicile ou de l’emplacement des actifs. L’Autriche ne dispose que d’un réseau limité de conventions relatives aux droits de succession, tandis que le règlement européen sur les successions traite du droit successoral et non de l’harmonisation fiscale. Voir la présentation officielle de la fiscalité successorale.
Fiscalité des travailleurs indépendants
Les entrepreneurs individuels et les personnes exerçant une profession indépendante sont imposés sur leur bénéfice professionnel net selon le barème progressif de l’impôt sur le revenu. Ils doivent enregistrer leur activité lorsque cela est nécessaire, obtenir un numéro d’identification fiscale et tenir les documents comptables requis. Les obligations de licence ou d’autorisation commerciale dépendent de l’activité exercée. Les personnes relevant de la catégorie des « nouveaux indépendants » doivent déclarer leur activité à l’organisme de sécurité sociale des indépendants lorsque leur revenu brut annuel en 2026 dépasse 6 613,20 €, généralement dans le mois suivant le début de l’activité. Une constatation tardive peut entraîner une majoration de 9,3 %. Le gouvernement fournit des instructions spécifiques concernant l’enregistrement des nouveaux indépendants.
Les dépenses professionnelles ordinaires et nécessaires sont déductibles. Selon la nature de l’activité et le niveau du chiffre d’affaires, le contribuable peut tenir une comptabilité de trésorerie ou une comptabilité en partie double, ou encore appliquer un régime forfaitaire simplifié lorsqu’il en remplit les conditions. Le régime forfaitaire applicable aux petites entreprises retient généralement au titre des dépenses 45 % du chiffre d’affaires, ou 20 % pour les entreprises de services, sous réserve des plafonds et des conditions prévus par la loi. Certains frais réels distincts peuvent rester déductibles lorsque la législation le permet.
Le taux normal de TVA est de 20 %. Depuis 2025, l’exonération autrichienne de TVA applicable aux petites entreprises s’applique en principe lorsque le plafond de 55 000 € de chiffre d’affaires brut n’a été dépassé ni au cours de l’année civile précédente ni au cours de l’année en cours et que les autres conditions sont remplies. Ce régime dispense de collecter la TVA, mais exclut généralement la déduction de la TVA sur les achats. Si le dépassement du plafond n’excède pas 10 %, l’exonération peut continuer à s’appliquer jusqu’à la fin de l’année. Un dépassement plus important entraîne la fin de l’exonération pour l’opération à l’origine du dépassement et les opérations ultérieures. Les entreprises exerçant une activité transfrontalière dans l’UE doivent vérifier les règles officielles de TVA applicables aux petites entreprises.
Les acomptes d’impôt sur le revenu sont exigibles les 15 février, 15 mai, 15 août et 15 novembre. Le solde résultant de l’avis d’imposition définitif doit normalement être acquitté dans le mois suivant sa notification.
Impôt sur les sociétés
Les sociétés autrichiennes telles qu’une GmbH ou une AG sont soumises à un impôt sur les sociétés de 23 % sur leur bénéfice imposable en 2026. Lorsqu’une société autrichienne distribue son bénéfice après impôt à une personne physique résidente, une KESt de 27,5 % s’applique généralement à la distribution. La charge fiscale combinée atteint ainsi environ 44,18 % avant tout allègement particulier, et non 23 % seulement. Les sociétés de personnes sont généralement fiscalement transparentes, les bénéfices étant attribués directement aux associés.
Les dividendes perçus par une société autrichienne peuvent bénéficier d’une exonération au titre des participations nationales ou internationales, sous réserve de certaines conditions. L’exonération au titre des participations internationales exige généralement une participation répondant aux critères requis ainsi qu’une durée minimale de détention, et reste soumise à des règles anti-abus. Les actionnaires personnes morales non résidentes peuvent bénéficier d’une réduction ou d’une exonération de la retenue à la source autrichienne en vertu d’une convention fiscale ou de la directive européenne mère-filiale lorsque les conditions sont réunies. Le taux normal de TVA en Autriche est de 20 % ; les taux réduits officiels sont présentés sur la page consacrée aux taux et exonérations de TVA. Les autorités confirment également le taux de 23 % de l’impôt sur les sociétés et l’imposition à 27,5 % des distributions.
Revenus étrangers et double imposition
Les résidents doivent normalement déclarer leurs revenus mondiaux, mais c’est la convention fiscale applicable qui détermine quel État dispose du droit d’imposer et de quelle manière l’Autriche élimine la double imposition. Selon la convention et la catégorie de revenus, l’Autriche peut exonérer les revenus étrangers — souvent tout en les prenant en compte pour déterminer le taux applicable aux revenus autrichiens — ou accorder un crédit d’impôt correspondant à l’impôt étranger. Ce crédit est plafonné et ne rembourse pas automatiquement un impôt étranger supérieur au montant prévu par la convention ou au montant d’impôt autrichien correspondant.
Les salaires, pensions, revenus locatifs, dividendes, intérêts, plus-values et revenus professionnels étrangers doivent d’abord être qualifiés selon le droit fiscal autrichien avant l’application de la convention. L’imposition des pensions étrangères dépend tout particulièrement de la convention concernée : le droit d’imposer les pensions privées et celles du secteur public peut être attribué à des États différents. Les montants libellés en devises étrangères doivent être convertis en euros de manière cohérente, à l’aide de taux de change justifiables.
Le simple fait de détenir des comptes à l’étranger n’entraîne pas d’obligation générale de déposer une déclaration annuelle de patrimoine distincte. Les revenus générés et les calculs fiscaux relatifs aux fonds déclarables doivent toutefois être déclarés. Les établissements financiers échangent des informations dans le cadre du Common Reporting Standard, tandis que les règles relatives aux bénéficiaires effectifs, à la lutte contre le blanchiment et à certaines déclarations ciblées peuvent également s’appliquer. L’échange automatique d’informations ne dispense pas le contribuable de ses propres obligations déclaratives.
Déclaration de revenus
Les salariés dont les seuls revenus ont été correctement soumis à l’impôt sur les salaires ne sont généralement pas tenus de déposer une déclaration, même si une régularisation volontaire peut permettre d’obtenir un remboursement. Une déclaration peut notamment être obligatoire en cas de perception simultanée de plusieurs salaires, de revenus étrangers ou de revenus d’investissement non taxés, de crédit d’impôt indûment demandé ou encore lorsque les autres revenus dépassent certains seuils.
Les travailleurs indépendants doivent généralement déposer une déclaration lorsque leur revenu de 2026 dépasse 13 539 €. Lorsqu’un revenu déjà soumis à l’impôt sur les salaires est également perçu, l’obligation déclarative peut naître lorsque le revenu total dépasse 14 769 € et que les autres revenus non salariés dépassent le seuil applicable. Des revenus du capital relevant d’un taux spécial et non encore taxés ou certaines plus-values immobilières n’ayant pas fait l’objet d’une imposition définitive peuvent également, à eux seuls, entraîner une obligation déclarative.
Pour l’année fiscale 2026, les échéances légales ordinaires sont les suivantes :
| Mode de déclaration | Date limite |
|---|---|
| Déclaration papier | 30 avril 2027 |
| Déclaration électronique via FinanzOnline | 30 juin 2027 |
Une prolongation de délai peut être demandée sur justification. Les contribuables représentés par un conseiller fiscal peuvent par ailleurs bénéficier de délais plus longs dans le cadre du système de quotas applicable aux professionnels. Les déclarations sont généralement déposées via FinanzOnline. Les acomptes d’impôt sur le revenu sont dus chaque trimestre et le solde résultant d’un avis d’imposition doit, en principe, être payé dans le mois suivant sa notification. Le portail officiel confirme les délais de déclaration et de paiement des acomptes.
Parmi les formulaires courants figurent E1, E1a pour les revenus professionnels, E1b pour les revenus locatifs, E1kv pour les revenus du capital ainsi que L1/L1i pour les salariés et certaines situations professionnelles internationales. Les personnes utilisant un courtier étranger ont fréquemment besoin du formulaire E1kv, tout en devant utiliser les formulaires correspondant à l’ensemble de leurs catégories de revenus.
Une déclaration ou un avis d’imposition peut être corrigé ou contesté dans le délai procédural applicable. Les revenus omis doivent être déclarés rapidement. Une autodénonciation valide au titre de l’article 29 du FinStrG est soumise à des conditions strictes d’exhaustivité et de paiement et ne doit pas être entreprise à la légère. Les livres et documents à caractère fiscal doivent généralement être conservés pendant sept ans, voire davantage lorsqu’une procédure reste en cours. Les justificatifs immobiliers doivent être conservés aussi longtemps qu’ils peuvent avoir une incidence sur le coût d’acquisition, l’amortissement ou la fiscalité d’une future cession.
Points fiscaux à connaître pour les expatriés
Les dates d’arrivée et de départ, la disponibilité d’un logement, le lieu de résidence de la famille et l’organisation du travail doivent être soigneusement documentés. L’enregistrement d’une adresse constitue une obligation administrative, mais ne suffit pas, à lui seul, à déterminer la résidence fiscale. L’Autriche ne dispose pas d’un régime général de type « non-dom » pour les expatriés.
Un forfait de frais professionnels spécifique aux salariés expatriés peut s’appliquer à certains salariés détachés temporairement qui répondent à la définition réglementaire : il représente 20 % de l’assiette concernée, dans la limite de 10 000 € par an. Ce forfait remplace les frais professionnels réels correspondants ; il ne constitue en aucun cas une réduction de 20 % du taux d’imposition.
Un régime distinct d’allègement fiscal à l’arrivée, prévu par l’article 103 de l’EStG, n’est accessible que dans certaines situations particulières présentant un intérêt public. Les scientifiques et chercheurs venant s’installer en Autriche peuvent bénéficier, pendant cinq ans, d’une déduction de 30 % sur certains revenus scientifiques soumis au barème progressif. Les scientifiques, chercheurs, artistes et sportifs remplissant les conditions peuvent également demander un allègement concernant certaines charges fiscales supplémentaires. Les demandes doivent généralement être déposées dans les six mois suivant le déménagement. Les instructions du ministère relatives aux avantages fiscaux à l’arrivée détaillent les critères stricts d’éligibilité.
Le télétravail peut entraîner des obligations en matière d’impôt autrichien sur les salaires lorsque le travail est physiquement effectué en Autriche. Il peut également entraîner des obligations de paie ou un risque d’établissement stable pour un employeur étranger. Les dispositions conventionnelles relatives aux revenus d’emploi, la condition des 183 jours ainsi que l’entité qui supporte économiquement la rémunération doivent toutes être prises en compte. Le seul seuil de 183 jours ne constitue pas une exonération universelle.
La coordination de la sécurité sociale au sein de l’UE, de l’EEE et de la Suisse vise généralement à n’affilier un travailleur qu’à un seul régime national. Les certificats de détachement A1, les règles relatives au travail dans plusieurs États et le cadre applicable au télétravail transfrontalier peuvent permettre de maintenir l’affiliation dans l’État de l’employeur lorsque les conditions sont remplies, mais une demande est souvent nécessaire. En dehors de l’UE, la situation dépend des conventions bilatérales conclues par l’Autriche et de son droit interne.
Les pensions étrangères, les fonds d’investissement et les placements détenus dans le cadre de contrats d’assurance peuvent être qualifiés différemment en Autriche et dans leur pays d’origine. Avant un déménagement, les investisseurs ont donc intérêt à vérifier le statut de leurs fonds déclarants en Autriche, leurs coûts d’acquisition historiques ainsi que l’existence éventuelle d’une imposition à la sortie dans leur pays de départ.
Principaux avantages et inconvénients fiscaux
Avantages
- La plupart des revenus financiers privés sont soumis à un taux spécial prévisible de 27,5 %, plutôt qu’aux tranches les plus élevées du barème progressif.
- Les établissements dépositaires autrichiens prélèvent généralement la KESt et utilisent les données fiscales officielles de l’OeKB pour les fonds.
- L’Autriche ne prélève ni impôt général annuel sur la fortune nette des particuliers ni impôt général sur les successions et les donations.
- Le réseau de conventions fiscales et la coordination européenne de la sécurité sociale peuvent limiter la double imposition et les doubles cotisations.
- Les crédits d’impôt familiaux ainsi que le traitement préférentiel des 13e et 14e rémunérations éligibles peuvent sensiblement réduire la charge fiscale des salariés.
Inconvénients
- Les taux marginaux d’imposition des revenus du travail et des activités professionnelles sont élevés, avec un taux pouvant atteindre 55 % au-delà de 1 million d’euros.
- Les cotisations sociales et les coûts salariaux supportés par l’employeur sont importants et ne peuvent pas être résumés par un taux unique dans toutes les situations.
- L’utilisation de courtiers étrangers ou de fonds non déclarants peut entraîner des calculs fiscaux annuels complexes, y compris une imposition sans encaissement effectif de revenu.
- Il n’existe ni abattement annuel général sur les titres, ni exonération générale liée à la durée de détention, ni compte défiscalisé à fonctionnement souple comparable à un ISA.
- Les pertes sur investissements privés ne peuvent être imputées que sur certaines catégories de revenus et ne peuvent généralement pas être reportées.
Guides et calculateurs Finorum associés
- Investir en Autriche
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- Salaire moyen en Autriche
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Avertissement
Ce guide est fourni uniquement à des fins d’information générale et de formation. Il ne constitue ni un conseil fiscal, juridique, comptable ou financier, ni un conseil en investissement. Le traitement fiscal dépend notamment de la résidence, des conventions fiscales applicables, de la nature des revenus, des dates d’acquisition, des justificatifs disponibles et de la situation personnelle du contribuable. Avant de déposer une déclaration, de changer de pays de résidence ou de réaliser une opération importante, vérifiez les règles en vigueur auprès des autorités autrichiennes et, si nécessaire, consultez un professionnel qualifié en Autriche.
Matias Buće possède une formation formelle en droit administratif et plus de dix ans d’expérience dans l’étude des marchés mondiaux, du trading de devises et des finances personnelles. Sa formation juridique influence son approche de l’investissement, axée sur la réglementation, la structure et la gestion des risques. Sur Finorum, il écrit sur un large éventail de sujets financiers, allant des ETF européens aux stratégies pratiques de gestion financière pour les investisseurs du quotidien.
Sources & References
EU regulations & taxation
- Bmf.gv.at — informations du ministère sur les revenus du capital
- informations et textes relatifs aux conventions fiscales autrichiennes
- instructions détaillées du BMF sur la fiscalité des crypto-actifs
- portail autrichien consacré aux allègements conventionnels
- Tax Book 2026 officiel
Additional educational resources
- Bmf.gv.at — barème officiel 2026 du ministère des Finances
- instructions du ministère relatives aux avantages fiscaux à l’arrivée
- plus-values réalisées et à l’imposition à la sortie
- Finanzonline.bmf.gv.at — FinanzOnline
- My.oekb.at — base officielle de l’OeKB consacrée aux déclarations des fonds
- Oesterreich.gv.at — exonérations liées à la résidence principale
- l’imposition des plus-values immobilières
- présentation officielle de la fiscalité successorale
- Onlinerechner.haude.at — calculateur brut-net officiel du BMF pour 2026
- Ris.bka.gv.at — l’article 1 de l’EStG et à l’article 26 de la BAO, consultables dans la base juridique autrichienne
- Sozialversicherung.at — taux officiels de cotisations sociales 2026
- Usp.gv.at — délais de déclaration et de paiement des acomptes
- instructions spécifiques concernant l’enregistrement des nouveaux indépendants
- page consacrée aux taux et exonérations de TVA
- règles officielles de TVA applicables aux petites entreprises
- tableau officiel des crédits d’impôt pour 2026
- taux de 23 % de l’impôt sur les sociétés et l’imposition à 27,5 % des distributions

