Dernière mise à jour : 7 septembre 2026
La Roumanie conserve un taux nominal d’impôt sur le revenu des personnes physiques de 10 %, mais la fiscalité des investissements a profondément changé en 2026. Le taux applicable aux dividendes et aux plus-values sur crypto-actifs est passé à 16 %. Les opérations sur valeurs mobilières réalisées en dehors du régime roumain applicable aux intermédiaires éligibles sont elles aussi imposées à 16 %, tandis que certains intermédiaires éligibles retiennent 3 % ou 6 % sur chaque cession bénéficiaire selon la durée de détention.
La distinction entre les régimes dépend davantage du statut juridique de l’intermédiaire que de la marque du courtier ou de la Bourse sur laquelle un ETF est coté. Dans le régime de retenue, l’impôt est prélevé sur chaque opération bénéficiaire et les pertes ne réduisent généralement pas les autres gains. En dehors de ce régime, l’investisseur calcule normalement un résultat net annuel qu’il déclare lui-même.
Les dividendes, intérêts et revenus d’investissement peuvent également déclencher une cotisation d’assurance maladie distincte, la CASS, même lorsque l’impôt sur le revenu sous-jacent a déjà été retenu.
Ce guide présente les principales règles roumaines applicables en 2026 aux salariés, investisseurs particuliers, freelances, expatriés et télétravailleurs. Il reflète les informations disponibles au 7 septembre 2026 et repose principalement sur les sources de l’ANAF et la législation roumaine.
Vue d’ensemble de la fiscalité — Les principaux chiffres
| Type d’impôt | Taux ou règle en 2026 | Point essentiel |
|---|---|---|
| Revenus salariaux et plupart des autres revenus ordinaires | 10 % | Taux forfaitaire appliqué à l’assiette imposable correspondante |
| Valeurs mobilières via intermédiaire éligible, détenues au moins 365 jours | 3 % | Retenue sur chaque gain ; les pertes ne sont normalement pas compensées |
| Valeurs mobilières via intermédiaire éligible, détenues moins de 365 jours | 6 % | Retenue sur chaque gain |
| Valeurs mobilières hors de ce régime | 16 % | Généralement appliqué au gain net annuel et déclaré par le contribuable |
| Dividendes | 16 % | Hausse par rapport à 10 % pour les dividendes distribués à compter du 1er janvier 2026 |
| Intérêts | 10 % | Généralement retenue définitive pour les intérêts de source roumaine |
| Plus-values sur crypto-actifs | 16 % | Hausse par rapport à 10 % en 2026 ; petite exonération de minimis sous conditions |
| Cotisation retraite du salarié (CAS) | 25 % | Généralement prélevée sur le salaire brut |
| Cotisation d’assurance maladie du salarié (CASS) | 10 % | Généralement prélevée sur le salaire brut ; système de seuils distinct pour les investissements |
| Contribution patronale CAM | 2,25 % | Des cotisations patronales supplémentaires existent pour certaines conditions de travail particulières |
| TVA au taux normal | 21 % | En vigueur depuis le 1er août 2025 |
| TVA à taux réduit | 11 % | Pour certaines opérations déterminées |
| Impôt sur les sociétés | 16 % | Taux normal |
| Impôt sur le chiffre d’affaires des microentreprises | Généralement 1 % | Uniquement si les conditions 2026 sont remplies |
| Taxe sur certains actifs de grande valeur | 0,9 % | Sur la fraction dépassant les seuils légaux pour certains logements ou véhicules |
| Impôt général sur la fortune nette | Aucun en principe | La taxe sur les actifs de grande valeur et les taxes immobilières locales continuent de s’appliquer |
| Année fiscale | Année civile | Du 1er janvier au 31 décembre |
| Date limite de la Declarația Unică | 25 mai de l’année suivante | Les revenus de 2026 sont normalement déclarés au plus tard le 25 mai 2027 |
| Administration fiscale | ANAF | Agenția Națională de Administrare Fiscală |
Résidence fiscale en Roumanie
Le guide en anglais de l’ANAF sur la résidence fiscale indique qu’une personne peut être considérée comme résidente fiscale roumaine lorsque :
- son domicile se situe en Roumanie ;
- son centre des intérêts vitaux se trouve en Roumanie ; ou
- elle séjourne en Roumanie pendant plus de 183 jours sur toute période de douze mois consécutifs se terminant pendant l’année civile concernée.
Il ne s’agit pas de critères dont le contribuable choisirait librement celui qui l’arrange.
La famille, le logement permanent, l’emploi, les activités professionnelles, les actifs, les assurances et les liens sociaux permettent notamment d’identifier le centre des intérêts vitaux.
Un résident roumain est généralement imposé sur ses revenus mondiaux, tandis qu’un non-résident n’est imposé que sur certaines catégories de revenus de source roumaine.
Les étrangers qui franchissent ou prévoient de franchir le seuil de 183 jours peuvent devoir remplir un questionnaire de résidence. Les citoyens roumains quittant le pays pendant plus de 183 jours peuvent également être tenus de remplir un questionnaire de départ.
L’ANAF met à disposition les questionnaires officiels d’arrivée et de départ et examine les faits ainsi que la convention fiscale éventuellement applicable.
Lorsque deux États considèrent simultanément une personne comme résidente, la convention fiscale concernée retient généralement les critères du foyer permanent, du centre des intérêts vitaux, du séjour habituel et de la nationalité.
Un certificat de résidence fiscale étrangère valide est normalement nécessaire pour qu’un payeur roumain applique directement un taux conventionnel.
Télétravail
Le salaire est généralement rattaché au lieu où le travail est physiquement exercé.
Un résident roumain travaillant depuis la Roumanie pour une société étrangère peut donc avoir des obligations en Roumanie en matière d’impôt sur le salaire et de sécurité sociale même lorsque le paiement reste effectué à l’étranger.
L’employeur étranger peut devoir s’enregistrer aux fins de la gestion de la paie en Roumanie ou certaines obligations de calcul et de déclaration peuvent être transférées au salarié, selon la structure retenue.
Dans l’UE, l’EEE ou en Suisse, les règles de coordination sociale et un certificat A1 peuvent permettre de rester affilié dans un autre pays.
La résidence fiscale ne détermine donc pas à elle seule le régime de cotisations sociales.
Impôt sur le revenu et salaires
La Roumanie applique généralement un taux de 10 % aux salaires ainsi qu’à de nombreuses autres catégories de revenus ordinaires.
Pour le salaire, l’impôt est calculé après déduction des cotisations obligatoires du salarié et de certains abattements personnels éventuels.
Les prélèvements de droit commun sont :
| Prélèvement | Taux | Généralement à la charge de |
|---|---|---|
| Assurance retraite (CAS) | 25 % | Salarié |
| Assurance maladie (CASS) | 10 % | Salarié |
| Impôt sur le revenu | 10 % | Salarié, sur l’assiette salariale imposable |
| Assurance du travail (CAM) | 2,25 % | Employeur |
Pour des conditions de travail ordinaires, l’employeur ne paie généralement pas de CAS supplémentaire.
Des cotisations patronales supplémentaires de 4 % ou 8 % peuvent en revanche s’appliquer aux conditions de travail dites particulières ou spéciales.
Exemple de salaire
Prenons un salaire brut mensuel de 10 000 RON, sans exonérations ni déductions spécifiques :
- CAS : 2 500 RON ;
- CASS salariale : 1 000 RON ;
- assiette de l’impôt sur le revenu : 6 500 RON ;
- Impôt sur le revenu à 10 % : 650 RON ;
- salaire net approximatif : 5 850 RON.
L’employeur acquitte généralement 225 RON de CAM en plus du salaire brut.
Les avantages en nature, titres-restaurant, personnes à charge, régimes sectoriels et exonérations de cotisations peuvent modifier le résultat.
La Roumanie n’applique pas de surtaxe municipale générale sur le revenu ni d’impôt religieux.
Cette simplicité ne doit toutefois pas être confondue avec une charge totale de 10 % sur le travail : les cotisations salariales CAS et CASS sont très supérieures à l’impôt lui-même.
CASS sur les investissements et autres revenus non salariaux
Les dividendes, intérêts, plus-values mobilières, loyers, revenus de propriété intellectuelle, revenus agricoles et certaines autres catégories non salariales sont cumulés afin de déterminer si une cotisation d’assurance maladie supplémentaire doit être acquittée.
Le fait de payer déjà la CASS sur un salaire ne dispense pas automatiquement de la CASS due au titre des revenus d’investissement lorsque les seuils applicables sont atteints.
Pour 2026, les seuils sont calculés à partir du salaire minimum brut de 4 050 RON applicable à la date de référence, même si le salaire minimum mensuel a été relevé plus tard pendant l’année.
Les instructions ANAF 2026 relatives à la CASS sur les revenus non salariaux confirment le mécanisme des seuils de six, douze et vingt-quatre salaires minimums :
| Revenu annuel cumulé concerné | Assiette CASS | CASS due à 10 % |
|---|---|---|
| Moins de 24 300 RON | Pas de CASS obligatoire au regard de ces seuils | 0 RON |
| 24 300 RON à moins de 48 600 RON | 24 300 RON | 2 430 RON |
| 48 600 RON à moins de 97 200 RON | 48 600 RON | 4 860 RON |
| 97 200 RON ou plus | 97 200 RON | 9 720 RON |
La CASS repose donc sur une assiette forfaitaire liée au seuil, et non sur 10 % du montant intégral des dividendes ou plus-values du portefeuille.
Des règles spécifiques s’appliquent à certaines catégories exonérées et à certaines situations individuelles.
Le service officiel Form 212 doit être consulté pour déterminer le traitement des différentes catégories de revenus perçues par un contribuable donné.
Un investisseur peut ainsi ne plus devoir aucun impôt supplémentaire sur un dividende puisque 16 % ont déjà été retenus, tout en devant déposer la Declarația Unică et acquitter une CASS.
Plus-values sur actions, ETF et autres valeurs mobilières
La Roumanie applique deux systèmes fondamentalement différents.
Opérations réalisées via un intermédiaire éligible
Le régime spécial de retenue, modifié pour 2026 par la loi 239/2025, peut s’appliquer lorsque les opérations sont réalisées par l’intermédiaire :
- d’un intermédiaire résident roumain ;
- d’une société roumaine de gestion d’investissements ou d’un gestionnaire de fonds éligible ;
- ou d’un intermédiaire non-résident agissant via un établissement stable roumain disposant du statut d’intermédiaire requis.
En 2026, l’intermédiaire retient :
| Durée de détention | Impôt sur chaque plus-value |
|---|---|
| 365 jours ou plus | 3 % |
| Moins de 365 jours | 6 % |
L’intermédiaire calcule la plus-value et l’impôt à chaque cession.
Une perte sur une opération ne réduit pas l’impôt retenu sur une autre opération bénéficiaire et les pertes ne sont normalement pas reportables dans le cadre de ce régime.
La retenue est définitive pour l’impôt sur le revenu.
Ce mécanisme peut produire un résultat contre-intuitif : un investisseur qui termine l’année globalement à l’équilibre peut tout de même avoir payé de l’impôt s’il a réalisé certaines opérations bénéficiaires et d’autres déficitaires.
L’intermédiaire détermine le coût d’acquisition et la durée de détention selon les règles d’ordre prévues par la loi.
Le transfert d’un portefeuille entre courtiers peut compliquer la transmission des coûts historiques et des dates d’acquisition. Il est donc important de s’assurer que toutes les données historiques accompagnent les titres.
Opérations hors du régime de l’intermédiaire
Lorsque le régime spécial ne s’applique pas — ce qui est fréquent avec un courtier étranger n’ayant aucun établissement stable roumain éligible — l’investisseur calcule généralement son gain net annuel et paie 16 % à compter de 2026.
Le produit de cession est diminué :
- du coût d’acquisition documenté ;
- des frais directement liés éligibles.
Les gains et pertes sont compensés selon les règles de calcul annuel de l’impôt par le contribuable, et certaines pertes annuelles éligibles peuvent être reportées dans les limites légales de source et de durée.
Le contribuable déclare le résultat via la Declarația Unică avant le 25 mai de l’année suivante.
Pour les opérations réalisées en 2026, l’échéance habituelle est donc le 25 mai 2027.
La marque du courtier n’est pas le critère juridique
Un même courtier international peut fournir ses services à un client roumain via plusieurs entités différentes.
Le nom commercial de l’application, une interface en roumain ou l’accès à la Bourse de Bucarest ne prouvent pas, à eux seuls, que les taux de 3 % ou 6 % s’appliquent.
Il faut vérifier :
- l’entité contractante ;
- son statut fiscal roumain ;
- l’existence éventuelle d’un établissement stable éligible.
Pas d’exonération générale à long terme
Détenir les titres pendant au moins 365 jours réduit le taux à 3 % uniquement dans le régime de retenue via un intermédiaire éligible.
Cela ne crée aucune exonération générale et ne réduit pas le taux de 16 % applicable aux opérations ordinaires réalisées hors de ce régime.
La loi 239/2025 constitue la source principale pour les nouveaux taux et leur mécanisme.
Les contribuables doivent également suivre les instructions ANAF actualisées ainsi que les relevés fournis par l’intermédiaire.
ETF et fonds d’investissement
La Roumanie n’applique pas de taxation annuelle générale sur une distribution réputée d’un ETF de capitalisation ordinaire.
L’impôt intervient généralement lorsqu’une distribution en espèces est versée ou lorsque les parts sont vendues ou rachetées.
ETF de capitalisation
Les revenus conservés à l’intérieur d’un ETF de capitalisation augmentent généralement la valeur des parts.
L’investisseur roumain constate normalement un gain sur valeurs mobilières au moment de la vente, soit :
- selon le régime de retenue à 3 %/6 % ;
- soit selon le régime de calcul annuel de l’impôt par le contribuable à 16 %.
ETF de distribution
Les distributions en espèces sont généralement analysées selon les règles applicables aux dividendes ou aux distributions de fonds.
À partir de 2026, une distribution juridiquement qualifiée de dividende est généralement taxée à 16 %.
Des retenues peuvent également intervenir dans le pays de source ou au niveau du fonds.
Le statut UCITS ne crée aucune exonération fiscale personnelle en Roumanie.
Un ETF domicilié en Irlande ou au Luxembourg reste un investissement étranger au regard des obligations roumaines, tandis qu’une retenue supportée au niveau du fonds n’ouvre normalement pas droit à un crédit d’impôt étranger pour l’investisseur.
Les rachats, liquidations et remboursements de capital doivent être qualifiés à partir de la documentation juridique du fonds plutôt que de la description abrégée fournie par le courtier.
Dividendes
Les dividendes distribués à compter du 1er janvier 2026 sont généralement taxés à 16 %, contre 10 % auparavant.
L’avis officiel ANAF relatif au changement de taux sur les dividendes confirme la date d’entrée en vigueur et son application aux personnes physiques.
Dividendes roumains
Une société roumaine retient normalement les 16 % et reverse l’impôt à l’État.
La retenue est définitive au titre de l’impôt sur le revenu.
Le bénéficiaire doit néanmoins inclure les dividendes concernés dans le calcul des seuils annuels de CASS.
Le calendrier fiscal peut dépendre des règles relatives à la distribution et au paiement.
Un dividende dont la distribution est décidée pendant une année et qui est payé pendant une autre peut être concerné par des dispositions particulières de retenue à la fin de l’année.
Les documents de la société doivent donc être conservés.
Dividendes étrangers
Un résident roumain déclare le dividende étranger brut et calcule l’impôt roumain correspondant.
L’impôt étranger peut généralement être imputé dans la limite du plus faible des montants suivants :
- impôt effectivement payé à l’étranger ;
- impôt autorisé par la convention applicable ;
- impôt roumain correspondant au même revenu.
Une retenue excédentaire ne constitue pas un crédit d’impôt illimité en Roumanie et peut devoir être récupérée auprès de l’État de source.
Un certificat de résidence fiscale et un relevé de dividende permettent notamment de justifier l’application de la convention.
Les dividendes étrangers sont également pris en compte pour apprécier les seuils de CASS même lorsqu’un crédit d’impôt étranger réduit à zéro ou presque l’impôt roumain sur le dividende.
Intérêts
Contrairement aux incertitudes parfois rencontrées dans les anciens guides, le taux général applicable aux intérêts perçus par les personnes physiques en Roumanie est bien de 10 %.
Les banques roumaines et autres payeurs résidents qualifiés retiennent généralement ces 10 % à titre définitif.
Les intérêts comprennent notamment ceux des dépôts ordinaires et peuvent couvrir certains revenus d’obligations, de comptes ou de prêts selon la nature de l’instrument.
Un résident roumain déclare généralement ses intérêts étrangers et acquitte 10 %, avec possibilité de crédit d’impôt étranger dans les limites du droit interne et de la convention applicable.
Le calcul repose sur le montant brut, et non uniquement sur le montant net encaissé.
Les intérêts sont également pris en compte dans le cumul annuel des revenus d’investissement servant à apprécier les seuils de CASS.
Une banque peut donc avoir correctement retenu la totalité des 10 % d’impôt sur le revenu, tandis que le contribuable reste redevable séparément de la cotisation d’assurance maladie.
Fiscalité des cryptomonnaies
À partir de 2026, les plus-values provenant de cessions de monnaies virtuelles sont taxées à 16 % en tant que revenus provenant d’autres sources, conformément à la loi 239/2025.
La plus-value imposable correspond à la différence positive entre :
- le produit de la cession ;
- le coût d’acquisition ;
- les frais directement liés à la transaction.
Les personnes physiques déclarent généralement elles-mêmes le résultat via la Declarația Unică.
Le régime des crypto-actifs ne bénéficie pas des taux de 3 % ou 6 % accordés aux valeurs mobilières détenues via certains intermédiaires.
Une petite exonération de minimis existe lorsque :
- la plus-value sur une transaction individuelle est inférieure à 200 RON ;
- et le total des gains de l’année fiscale ne dépasse pas 600 RON.
Les deux conditions doivent être simultanément respectées.
Fractionner artificiellement une cession n’offre donc pas une exonération sûre lorsque le seuil annuel est dépassé.
La catégorie fiscale vise les gains positifs.
Les pertes sur crypto-actifs ne constituent pas un ensemble de moins-values mobilières librement imputables et ne doivent pas être imputées sur des gains sur actions, des dividendes, des salaires ou des gains sur crypto-actifs non liés sans fondement légal explicite.
Les crypto-actifs reçus dans le cadre :
- du minage ;
- du staking ;
- du lending ;
- d’un emploi ;
- d’un airdrop ;
- d’une activité professionnelle
peuvent suivre des règles différentes de source, de valorisation et de date d’imposition.
Les échanges crypto contre crypto, paiements de biens et opérations DeFi nécessitent une analyse transaction par transaction.
L’absence de conversion en espèces ne permet pas de conclure automatiquement qu’aucune opération n’est déclarable.
Les revenus concernés provenant de crypto-actifs sont également pris en compte pour apprécier les seuils de CASS.
Devises étrangères et documentation
Les revenus d’investissement étrangers doivent être convertis en lei roumains selon les règles applicables à chaque catégorie.
Pour les montants reçus en devise étrangère, le taux communiqué par la Banque nationale de Roumanie pour le dernier jour bancaire précédant la réception est fréquemment pertinent.
Les calculs de plus-value peuvent nécessiter des taux associés aux dates d’acquisition et de cession.
Il ne faut donc pas simplement convertir au taux de fin d’année le bénéfice annuel en euros ou dollars affiché par le courtier.
Il convient de conserver :
- les confirmations d’achat et de vente ;
- les dates d’acquisition et prix de revient ;
- les commissions et frais de transaction ;
- les relevés de dividendes et intérêts ;
- les attestations de retenues étrangères ;
- les justificatifs de taux de change ;
- l’identité juridique exacte de l’entité du courtier ;
- la confirmation de l’existence ou non d’une retenue roumaine ;
- les historiques des plateformes et des portefeuilles de crypto-actifs.
Déclaration des investissements étrangers
Les résidents roumains déclarent leurs revenus d’investissement mondiaux imposables.
Le fait qu’un courtier étranger ne transmette aucune information à l’ANAF ne supprime pas l’obligation.
Le guide ANAF de préremplissage du Form 212 inclut explicitement les revenus d’investissement roumains et étrangers dans le processus de déclaration.
Avant de déposer la déclaration, il faut distinguer :
- les valeurs mobilières soumises à la retenue définitive de 3 % ou 6 % ;
- les valeurs mobilières soumises à l’impôt de 16 % calculé annuellement par le contribuable ;
- les dividendes roumains et étrangers ;
- les intérêts roumains et étrangers ;
- les gains en monnaies virtuelles ;
- les revenus pris en compte dans les seuils CASS.
Les revenus sont généralement ventilés par pays de source lorsque le formulaire l’exige.
Les crédits d’impôt conventionnels nécessitent des justificatifs de l’impôt étranger et de la résidence fiscale.
L’échange automatique de données et les déclarations des courtiers peuvent rendre les comptes visibles aux autorités, mais ne permettent pas, à eux seuls, de calculer le coût fiscal roumain ni la CASS du contribuable.
Declarația Unică — Formulaire 212
La Declarația Unică — Form 212 constitue la principale déclaration permettant au contribuable de calculer lui-même l’impôt pour les revenus non salariaux, notamment :
- les revenus d’investissement étrangers ;
- les plus-values mobilières hors régime de retenue ;
- les crypto-actifs ;
- les loyers ;
- les activités indépendantes ;
- les cotisations sociales correspondantes.
La date limite habituelle est le 25 mai suivant l’année de perception.
Ainsi :
- le 25 mai 2026 concerne les revenus réalisés en 2025 ;
- les revenus réalisés en 2026 seront généralement déclarés et l’impôt correspondant acquitté avant le 25 mai 2027.
Cette distinction corrige une ambiguïté fréquente dans les guides intitulés « fiscalité 2026 ».
L’échéance d’un éventuel avantage temporaire pour dépôt anticipé, accordé lors d’une campagne particulière, ne doit pas être présentée comme la date limite légale permanente.
Processus pratique
- Télécharger les relevés annuels et attestations de retenue.
- Identifier le régime applicable à l’intermédiaire à chaque compte.
- Calculer les gains nets annuels des comptes situés hors du régime de retenue définitive.
- Calculer les montants des dividendes étrangers, des intérêts et des crédits d’impôt.
- Calculer séparément les gains sur monnaies virtuelles.
- Additionner les revenus pris en compte pour les seuils de CASS de 6/12/24 salaires minimums.
- Compléter et transmettre le Form 212 électroniquement via Spațiul Privat Virtual ou le canal électronique prévu.
- Payer l’impôt calculé par le contribuable et la CASS avant l’échéance.
Un impôt déjà retenu définitivement n’est pas payé une seconde fois.
Le revenu peut néanmoins avoir des conséquences en matière de CASS ou de déclaration.
L’avis ANAF de la campagne 2026 confirme la date du 25 mai 2026 pour les revenus non salariaux de 2025.
Freelances et activités indépendantes
Le bénéfice net d’une activité indépendante est généralement taxé à 10 %.
Le résultat peut être déterminé selon le régime réel ou, pour certaines activités éligibles, selon une norme annuelle de revenu.
Dans le régime réel, les dépenses doivent être liées à l’activité et correctement documentées.
La CAS devient obligatoire lorsque les revenus annuels éligibles provenant d’activités indépendantes ou de propriété intellectuelle atteignent douze salaires minimums.
Pour 2026 :
| Revenu annuel éligible | Assiette minimale de calcul de la CAS |
|---|---|
| Moins de 48 600 RON | Pas de CAS obligatoire au regard de ce seuil |
| 48 600 RON à moins de 97 200 RON | 48 600 RON |
| 97 200 RON ou plus | 97 200 RON |
La CAS est égale à 25 % d’une assiette choisie dans les limites autorisées, qui ne peut être inférieure au seuil correspondant.
Pour une activité indépendante, la CASS représente généralement 10 % du bénéfice net, avec des règles relatives au minimum applicable et un plafond 2026 correspondant à 72 salaires minimums, soit 291 600 RON.
Les obligations d’enregistrement, de TVA, de facturation et d’acomptes dépendent de la forme juridique et de l’activité.
Le simple fait qu’un contrat soit intitulé « freelance » n’empêche pas une requalification en emploi salarié lorsque les critères d’indépendance ne sont pas remplis.
Déduction salariale pour certains investissements
Les salariés peuvent déduire certains montants qu’ils paient eux-mêmes pour acquérir des actions, des obligations ou des certificats de participation d’ETF via des courtiers résidents roumains, dans la limite de l’équivalent en RON de 400 € par an, hors frais de transaction.
La déduction apparaît comme un élément distinct de la paie dans les spécifications officielles du formulaire salarial ANAF 2026.
Il s’agit d’une déduction de l’assiette salariale, et non :
- d’un crédit d’impôt de 400 € ;
- d’une enveloppe d’investissement exonérée.
Les conditions relatives à l’acquisition, au courtier et à la documentation de paie doivent être respectées.
Les revenus futurs provenant de l’investissement restent soumis aux règles ordinaires applicables aux valeurs mobilières ou dividendes.
Impôt sur les sociétés et microentreprises
Le taux normal de l’impôt sur les sociétés est de 16 %.
Les plus-values font généralement partie du bénéfice imposable de la société.
Une exonération liée aux participations peut toutefois s’appliquer à certaines participations éligibles d’au moins 10 % détenues pendant au moins un an dans certaines sociétés roumaines ou établies dans des pays liés à la Roumanie par une convention fiscale.
Le Code fiscal roumain consolidé et ses normes d’application constituent le cadre principal.
Certaines microentreprises roumaines éligibles peuvent acquitter en 2026 un impôt de 1 % sur leur chiffre d’affaires.
Le régime prévoit désormais un plafond de revenus sensiblement réduit à 100 000 € et des conditions concernant :
- les salariés ;
- la propriété ;
- les déclarations ;
- certaines activités exclues.
Les instructions ANAF 2026 sur les microentreprises confirment le plafond de 100 000 € ainsi que l’agrégation avec certaines entreprises liées.
Le dépassement du plafond ou le non-respect d’une condition peut faire passer la société au régime d’impôt sur les bénéfices à 16 % pendant l’année.
Un impôt sur le chiffre d’affaires n’est pas systématiquement plus avantageux qu’un impôt sur les bénéfices, notamment pour les entreprises à faibles marges.
Les dividendes ensuite versés à une personne physique supportent généralement une retenue de 16 % et peuvent également entraîner l’assujettissement du bénéficiaire à la CASS.
Les grandes entreprises peuvent aussi être concernées par un impôt minimum sur le chiffre d’affaires ou des taxes sectorielles.
Le coût d’une création de société doit donc être évalué en intégrant :
- l’impôt de la société ;
- la paie ;
- les dividendes ;
- la comptabilité.
Le simple taux de 1 % ne suffit pas.
TVA
Depuis le 1er août 2025, le taux normal de TVA en Roumanie est de 21 %, et le principal taux réduit est de 11 %.
L’avis officiel ANAF relatif aux nouveaux taux de TVA confirme les deux taux ainsi que leur date d’entrée en vigueur.
L’ancien système général de 19 %, 9 % et 5 % ne doit donc plus être utilisé pour les opérations de 2026.
Le taux de 11 % concerne uniquement certaines livraisons de biens et prestations de services définies.
Des exonérations et taux zéro continuent de s’appliquer aux opérations éligibles ainsi qu’à certaines transactions transfrontalières.
La qualification, les obligations de facturation et les règles de lieu de prestation sont particulièrement importantes pour :
- les services numériques ;
- les services B2B intracommunautaires ;
- le commerce électronique ;
- l’immobilier.
Les petites entreprises peuvent bénéficier de l’exonération de TVA sous le plafond légal de chiffre d’affaires lorsque les conditions sont remplies.
Les transactions transfrontalières peuvent néanmoins entraîner une obligation spéciale d’immatriculation à la TVA même sous ce seuil.
L’ANAF maintient une page dédiée au régime européen de TVA des petites entreprises pour les situations transfrontalières.
Fiscalité immobilière
Les collectivités locales prélèvent des taxes annuelles sur les bâtiments et terrains.
Le taux applicable aux bâtiments dépend :
- de l’usage résidentiel ou non résidentiel ;
- de la valeur ;
- de la décision locale.
La taxe foncière est généralement calculée selon un montant fixe par mètre carré ajusté en fonction du classement de la localité et de l’utilisation.
Les principales échéances ordinaires sont le 31 mars et le 30 septembre, en deux versements.
Les collectivités peuvent accorder jusqu’à 10 % de réduction pour un paiement intégral anticipé avant le 31 mars.
Les transferts de biens immobiliers roumains appartenant au patrimoine personnel sont soumis à un mécanisme spécial de retenue par le notaire selon la valeur et la durée de détention.
Ils ne doivent pas être intégrés automatiquement au régime de 16 % applicable aux valeurs mobilières.
Les revenus locatifs sont généralement taxés à 10 % sur l’assiette nette prévue par la loi.
Une CASS peut s’ajouter lorsque les revenus non salariaux cumulés franchissent les seuils annuels.
Les locations touristiques ou activités exercées de manière systématique peuvent relever de règles différentes.
Taxe sur certains actifs de grande valeur
À partir de 2026, la taxe spéciale sur certains actifs de grande valeur a été portée à 0,9 %.
Elle s’applique notamment :
- à la fraction de la valeur imposable d’un logement détenu par une personne physique qui dépasse 2 500 000 RON ;
- à la fraction du prix d’acquisition d’un véhicule détenu par une personne physique ou une société qui dépasse 375 000 RON, généralement pendant cinq ans après l’acquisition.
Le taux s’applique uniquement à la fraction dépassant le seuil et non à la valeur totale de l’actif.
La déclaration s’effectue au moyen du formulaire 216, dont la version 2026 a été publiée par l’ordonnance ANAF 917/2026.
La Roumanie ne prélève par ailleurs aucun impôt général annuel sur la fortune nette.
Successions et donations
La Roumanie n’applique pas de régime général de droits de succession ou de donation comparable à ceux de la France ou de la Belgique.
Cela ne signifie pas pour autant que toutes les transmissions soient dépourvues de coût fiscal ou administratif.
Lorsqu’une succession comprenant un bien immobilier est réglée dans les deux années suivant le décès, aucun impôt sur le transfert n’est généralement dû.
Le Code fiscal et ses règles d’application prévoient qu’une succession réglée après deux ans entraîne un prélèvement de 1 % sur la succession imposable.
Des frais de notaire, d’inscription foncière et d’administration peuvent également s’appliquer.
Les donations ne sont généralement pas soumises à un impôt autonome sur les donations, mais la forme juridique, le lien entre les parties, la documentation du transfert immobilier et les règles anti-abus restent importants.
Les actifs transfrontaliers peuvent également être imposés dans un autre pays.
Erreurs fréquentes à éviter
- Utiliser les anciens taux de 1 % et 3 % sur les valeurs mobilières au lieu des nouveaux taux de 3 % et 6 % applicables en 2026.
- Appliquer automatiquement le taux de 3 % simplement parce qu’un ETF est coté en Roumanie, sans vérifier l’intermédiaire contractuel.
- Compenser les pertes avec les gains dans le régime de retenue définitive.
- Appliquer le taux de 3 % à long terme à un compte auprès d’un courtier étranger qui ne relève pas du régime.
- Continuer d’utiliser le taux de 10 % pour les dividendes ou les crypto-actifs en 2026.
- Présenter le taux confirmé de 10 % sur les intérêts comme incertain.
- Croire qu’une retenue définitive d’impôt sur le revenu règle également la CASS.
- Calculer la CASS comme 10 % de la totalité des revenus d’investissement au lieu d’appliquer les assiettes légales correspondant aux seuils.
- Déclarer des revenus d’investissement de 2026 en mai 2026 plutôt qu’en mai 2027.
- Considérer la déduction salariale de 400 € pour investissement comme un crédit d’impôt ou une enveloppe générale.
- Appliquer automatiquement 21 % de TVA à une opération relevant du taux de 11 %, d’une exonération ou d’une autoliquidation.
- Ignorer la taxe de 0,9 % sur certains actifs de grande valeur sous prétexte que la Roumanie n’a pas d’impôt général sur la fortune.
Principales dates
| Élément | Date |
|---|---|
| Année fiscale 2026 | 1er janvier–31 décembre 2026 |
| Form 212 pour les revenus de 2025 | 25 mai 2026 |
| Form 212 pour les revenus de 2026 | 25 mai 2027 |
| Échéances ordinaires de taxe foncière locale | Généralement 31 mars et 30 septembre |
| Déclaration et paiement des prélèvements sur les salaires | Généralement avant le 25 du mois suivant |
| Impôt sur les investissements calculé par le contribuable et CASS | Même échéance que le Form 212 correspondant |
En résumé
Le taux d’impôt sur le revenu des personnes physiques de 10 % maintient une imposition nominale relativement faible en Roumanie sur les salaires et les activités indépendantes, même si les cotisations sociales restent importantes.
Pour les investisseurs, l’année 2026 est nettement moins simple :
- les valeurs mobilières peuvent être imposées à 3 %, 6 % ou 16 % ;
- les dividendes sont taxés à 16 % ;
- les crypto-actifs sont taxés à 16 % ;
- les intérêts restent à 10 % ;
- la CASS peut s’ajouter à chacune de ces catégories selon les seuils.
La question pratique la plus importante consiste à déterminer si le compte relève réellement du régime roumain de retenue via intermédiaire.
Les investisseurs doivent vérifier l’entité contractante du courtier, conserver les dates d’acquisition et calculer séparément la CASS.
Un faible taux de retenue peut être intéressant, mais l’impossibilité de compenser les pertes rend parfois ce régime moins favorable pour les portefeuilles actifs ou volatils.
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Avertissement
Ce guide est fourni uniquement à des fins générales d’information et de formation. Il ne constitue ni un conseil fiscal, ni un conseil juridique, comptable ou en investissement. Le traitement fiscal roumain dépend notamment de la résidence, de la source des revenus, du statut de l’intermédiaire, de la qualification de l’actif, des justificatifs conventionnels et de la situation individuelle du contribuable. Les règles et formulaires électroniques peuvent évoluer. Vérifiez toujours les décisions importantes auprès de l’ANAF ou consultez un conseiller fiscal qualifié en Roumanie.
Matias Buće possède une formation formelle en droit administratif et plus de dix ans d’expérience dans l’étude des marchés mondiaux, du trading de devises et des finances personnelles. Sa formation juridique influence son approche de l’investissement, axée sur la réglementation, la structure et la gestion des risques. Sur Finorum, il écrit sur un large éventail de sujets financiers, allant des ETF européens aux stratégies pratiques de gestion financière pour les investisseurs du quotidien.
Sources & References
Additional educational resources
- Anaf.ro — ANAF
- Declarația Unică — Form 212
- guide ANAF de préremplissage du Form 212
- page dédiée au régime européen de TVA des petites entreprises
- Static.anaf.ro — avis ANAF de la campagne 2026
- avis officiel ANAF relatif au changement de taux sur les dividendes
- avis officiel ANAF relatif aux nouveaux taux de TVA
- Code fiscal et ses règles d’application
- formulaire 216
- guide en anglais de l’ANAF sur la résidence fiscale
- instructions ANAF 2026 relatives à la CASS sur les revenus non salariaux
- instructions ANAF 2026 sur les microentreprises
- loi 239/2025
- questionnaires officiels d’arrivée et de départ
- Spațiul Privat Virtual
- spécifications officielles du formulaire salarial ANAF 2026

